A.S LATTES – FC SETE 34 II
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A.S LATTES – FC SETE 34 II
Le plus beau sourire du football français
© Photo : Nicolas Deltort
Marius Trésor a enchanté la jeunesse de beaucoup d’entre nous de par sa présence physique, son jeu de tête ou ses montées. Il représentait le talent, le panache et la joie de vivre ! Son sourire est tout aussi légendaire que ses tacles glissés et le terme « tour de contrôle » est intimement lié au fabuleux défenseur central qu’il était. Avec ses 65 capes en équipe de France de 1971 à 1983, il fut le premier joueur de l’ère moderne du football à battre le record de sélections. Et c’est certainement sous le maillot frappé du coq, plutôt que sous ceux d’Ajaccio, Marseille ou de Bordeaux, qu’on se souvient le plus du Grand Marius. Sa reprise de volée en demi-finale de coupe du monde face à l’Allemagne, ou sa tête victorieuse au Maracaña en terre brésilienne, sont à jamais gravées dans nos mémoires et dans la légende du football français. C’est un des plus grands Antillais et un des meilleurs défenseurs français de l’histoire qui a logiquement sa place dans la liste de la FIFA des 100 meilleurs joueurs du siècle dernier. Il a gentiment accepté de revenir avec nous sur sa riche carrière.
Marius, tout d’abord que devenez-vous ?
Je m’occupe actuellement de la réserve des Girondins de Bordeaux avec Patrick Battiston. L’équipe est très jeune puisque le joueur le plus vieux a vingt ans et nous jouons en CFA. Par ailleurs je suis consultant sur la chaîne W9 pour qui je commente tous les matches de L1 des Girondins dans les conditions du direct. Comme c’est une autre chaîne qui détient les droits de retransmission, le match est diffusé après minuit les soirs de championnat. J’anime aussi l’émission 100% Girondins avec le jeune journaliste David Madêge qui consiste à montrer une heure du match puis une heure de magazine autours des Girondins.
Comment cela se passe-t-il avec l’équipe réserve ?
Les jeunes c’est mon quotidien, l’émission ce n’est que le samedi. Avec Patrick nous essayons de leur donner les meilleurs conseils possibles afin de faire en sorte que quelques uns arrivent professionnel et que le club n’ait pas à acheter ailleurs. Nous sommes passés par là, étant des garçons d’expérience nous essayons de la leur transmettre. On ne détient pas les clés, mais on leur donne la base.Il y’ a la qualité chez eux, c’est certain, mais il faut qu’ils fassent les efforts pour avoir la chance de côtoyer un milieu qui nous a beaucoup apporté.
Ont-ils conscience qu’ils sont entraînés par deux légendes du football français ?
La majorité d’entre eux n’étaient pas nés quand j’ai arrêté ma carrière. Pour Patrick c’est différent puisqu’il a fini plus tard. Alors les bribes qu’ils savent de Marius c’est à travers les parents ou les gens qui parlent de nous. Ils voient aussi certains matches légendaires sur la chaîne ESPN Classics et ils viennent alors nous dire « ah coach on vous a vu à la télé ! »
Le contact avec l’entraîneur des pros, Ricardo, est-il bon ?
Ah oui, oui, de ce côté-là il n’y a pas de problème. On s’entraîne au même endroit et certains de nos jeunes vont régulièrement prêter main forte quand Ricardo en a besoin pour certains exercices. Puis en tant qu’anciens défenseurs c’est normal que cela passe bien. Lui, son assistant Patrick Colleter, moi et Patrick Battiston cela fait quatre !
Mis à part les Girondins quelles sont vos occupations ?
Je dirais que j’ai toujours aimé le cinéma.Quand j’ai la possibilité je vais voir un bon film ou désormais avec les dvd on a le choix. Le dernier bon film que j’ai vu c’était « Inside Man » avec Denzel Washington.
Et le dernier bon match ?
Le dernier des Girondins à Paris, car cela faisait longtemps que nous ne gagnions plus à l’extérieur. L’équipe a bien géré le match et c’est encourageant.
Marius, et si nous revenions sur votre formidable carrière de joueur ?
Ok, bien sûr
Vous avez débuté en France à Ajaccio. Ce club vous avait contacté par lettre ce qui de nos jours parait irréel…
Effectivement, le club m’envoya une première lettre en Octobre 1968 et jusqu’à ce que je dise oui en juillet1969, ils m’écrivirent assidûment en Guadeloupe en insistant sur le fait qu’ils aimeraient bien m’avoir dans leur effectif. Après discussion avec la famille j’ai accepté.
Qui vous avait repéré ?
Personne, en fait. A la Ligue il y avait un garçon à l’époque qui recevait le journal France Antilles et dès qu’il voyait un nom qui revenait souvent, il envoyait des photocopies aux clubs. Comme j’avais marqué pas mal de buts avec mon club de la Juventus Saint Anne et que Ajaccio cherchait un attaquant, c’est comme ça que tout a démarré.
Ce n’était pas stressant pour un jeune Guadeloupéen de venir rejoindre la France ?
Bien sûr que si ! Je n’avais jamais quitté l’île, et c’était partir à l’aventure. Surtout que je décolle le 16 septembre en sachant que le 10 octobre j’aurais dû commencer un stage qui m’aurait permis de devenir Educateur sportif et d’assurer mon avenir. Je ne regrette pas car cela a très bien marché pour moi. Mais en partant je pouvais aller au casse pipe. J’ai eu la chance d’être tombé dans un petit club comme Ajaccio où l’effectif n’était pas conséquent et où les garçons ressortant un peu du lot étaient mis en avant.
Mis à part les connaisseurs, peu de gens doivent se douter que vous étiez venu pour jouer avant-centre…
C’est vrai que j’étais venu pour jouer devant mais cela n’a pas duré, juste un mois et demi puis je me suis alors entraîné en défense. Au bout de deux mois, Albert Muro m’appelait pour jouer en D1 à ce poste. Si j’étais resté attaquant il se peut que jamais on n’ait entendu parler de Marius Trésor.
Marius, avec un tel prénom vous vous deviez de signer à Marseille après Ajaccio?
Ça on me l’a dit plusieurs fois que je ne pouvais signer que là bas. Après trois saisons en Corse j’ai donc signé à l’OM en 1972. Mais si Marseille avait fait un bon match contre la Juventus en Coupe d’Europe au lieu de perdre 3-0 cette année là, jamais je n’aurais signé selon les journalistes marseillais. A l’époque ils avaient un poids considérable au sein du club. Ils trouvaient alors l’équipe trop vieillissante et ils ont fait le forcing pour recruter deux jeunes qui étaient alors sur le carreau : moi qui voulait quitter Ajaccio et Salif Keita qui voulait partir à tout prix de St-Etienne. Nice était aussi sur le coup et j’aurais bien aimé y aller. Ce qui a fait pencher la balance en fait, c’est que les Azuréens n’avaient pas assez de joueurs dans leur effectif pour faire faire le chemin inverse vers Ajaccio, qui avait un cruel besoin de joueurs supplémentaires. Marseille si. Au final ce n’est peut être pas la meilleure chose que j’ai faite.
Vous arriviez pourtant dans une équipe phocéenne qui venait de réaliser le doublé et regorgeant de grands noms…
Oui mais le problème qu’a rencontré l’OM cette année là, a été le cas des trois étrangers de l’effectif : Magnusson, Skoblar et Keita. Ce dernier était venu en disant au club qu’il était d’accord pour être assimilé avec une licence française, puisqu’il venait d’une ancienne colonie je crois. Si Salif avait pu jouer sous licence française, le championnat se serait passé sans problème. Mais au dernier moment il a changé d’avis. Cela a créé un mauvais climat entre les trois étrangers, les supporters en ont voulu à Salif et tout ceci a engendré des problèmes. Les résultats étaient moins bons et ça a été la dégringolade. Nous finissons 3e alors que nous avions l’effectif pour finir 1e.
Il y a aussi eu des stars annoncées et qui n’ont rien fait comme Beto Alonso, star historique de River Plate encore aujourd’hui…
Lui ce fut un fiasco total. Il arrivait avec la réputation d’un joueur extraordinaire et elle fut peut être un peu trop lourde à supporter. Il n’a jamais vraiment montré de belles choses et ce fut ce qu’on appelle un météorite du football car je ne crois pas qu’on ait beaucoup entendu parler de lui-même à son retour en Argentine.
La passion des supporters marseillais était-elle aussi communicative dans ces années 70 que lors des heures de gloire plus tardives ?
Mais cela a toujours été la ferveur là bas, elle n’a jamais disparue ! C’est un endroit où le foot passe avant beaucoup de chose. Quand on parle de Marseille, c’est d’abord l’OM puis le Ricard (rires) !
C’est d’ailleurs chez Ricard que vous avez travaillé un moment juste après la fin de votre carrière en 1984, non ?
Oui j’étais animateur commercial pendant trois mois chez eux et j’aurais pu continuer car c’est une maison sérieuse avec des possibilités de reconversion. Mais à l’époque c’était plus le fait que j’avais besoin de m’éloigner du Haillan afin de ne pas voir mes anciens coéquipiers s’entraîner et de ne pas souffrir de ne plus pouvoir jouer. Cette fin de carrière arrivait après ma 3e opération du dos. Je voulais me changer les idées mais je suis vite revenu dans le milieu du foot qui m’avait vite manqué.
Vous êtes resté huit ans à Marseille malgré certains problèmes et des résultats décevants à part la victoire en coupe de France en 1976…
Oui car personnellement j’étais très bien à Marseille, je n’ai jamais voulu voir ailleurs, peut- être à tort. J’avais mon confort et la ville de Marseille est quand même extraordinaire. Mon départ en 1980 est un concours de circonstances ou plutôt le fait que je n’ai pas pu m’entendre avec les dirigeants car même en D2 je serais resté. J’ai quand même eu la chance de jouer avec de grands joueurs comme Magnusson et Skoblar mais aussi Paulo César et Jaïrzinho, les brésiliens champions du monde au Mexique en 1970. Nous avions le potentiel pour faire beaucoup mieux durant ces huit ans.
Parlez nous un peu de Paulo César et Jaïrzinho…
C’était magique. Avoir connu ces garçons, pour nous c’est fantastique. Paulo, en trois mois, il parlait déjà presque couramment le français et il s’est vite adapté à la ville de Marseille. Les moments passés avec lui, on n’est pas prêt de les oublier. Il mettait l’ambiance, il rigolait, il prenait la vie du bon côté quoi.
1979/80, votre dernière année à l’OM, est celle de la descente en D2. C’est certainement la meilleure équipe sur le papier dans l’histoire du championnat à être descendue. Qu’est-ce qui a cloché ?
C’est vrai que nous étions quand même six internationaux français dont Didier Six, Marc Berdoll, Victor Zvunka etc…plus les internationaux tunisien, Temine et le suédois Linderoth dont le fils joue actuellement avec la sélection suédoise. Il faut savoir que cette année là, un nouveau président arrivait au club, monsieur Carlini qui avait des agences de voyages…Alors c’est du n’importe quoi qui a été fait. Le directeur sportif nommé a plus réglé ses comptes qu’autre chose, en virant Jules Zvunka notamment. Linderoth et Temine ne furent pas conservés et à partir de là nous avions peu de chance de nous en sortir. Car quand cela se présente ainsi, beaucoup de choses font que le poteau sortant est en fait un poteau rentrant, que des bêtises sont faites, que des matches que l’on devait gagner… eh bien au final on les perd.
Cela a dû être un regret de partir sur cet échec, non ?
Ah mais bien sûr ! On n’est jamais content de finir comme ça dans un club. Surtout à l’OM où l’on savait ce que cela représentait pour les supporters. Les joueurs peuvent voguer vers d’autres horizons mais le supporter il reste là ! L’OM est quand même resté quatre ans en D2 et cela n’a pas été si facile. Etre parti de cette façon est quelque chose que l’on traîne comme un boulet jusqu'à sa fin de carrière.
Est-il vrai aussi que peut de temps avant la fin de votre contrat avec Marseille, vous auriez du partir au Bayern Munich ?
C’est vrai. En octobre/novembre 79 le Bayern s’est mis sur les rangs. Avec mon agent de l’époque, nous sommes montés en Allemagne avec l’accord de l’OM afin de passer les tests médicaux. Tout était impeccable et au niveau pécuniaire nous étions d’accord avec le Bayern. Mais plus que les dirigeants, ce fut le directeur sportif en place qui fit capoter l’affaire en demandant une somme exorbitante alors qu’il me restait juste six mois avec l’OM. Je ne sais pas pourquoi.
Finalement vous atterrissez aux Girondins de Bordeaux pour la saison 80/81…
Oui, c’est Claude Bez qui est rentré en contact avec moi après avoir appris, je ne sais pas comment, que les choses n’allaient pas trop entre les dirigeant marseillais et moi. J’avais encore des propositions de l’étranger, notamment en Angleterre de Nottingham Forest et aussi du Brésil. Mais j’avais trente ans, à l’horizon il y avait la coupe du monde en Espagne et ne sachant jamais ce qui pouvait se passer, j’ai préféré rester en France. Parfois, en étant loin du foot français on pouvait être oublié. En signant à Bordeaux c’était tout le contraire car je me retrouvais aussi en pays de connaissance avec Lacombe, Giresse, Gemmrich et Soler que je connaissais de la sélection en plus de Jean Fernandez qui la même année signa en provenance de l’OM comme moi, ainsi que Bracci que nous avions connu à Marseille. Claude Bez voulait aussi que je rencontre Mémé Jacquet, qui arrivait cette année là à la tête de l’équipe. Je suis donc monté à Lyon pour le voir et nous somme bien tombé d’accord sur mon poste et mon rôle à jouer aux Girondins.
C’était le début d’une belle période pour Bordeaux, quelles ont été les raisons majeures de ce succès ?
Le club a fait en sorte d’avoir une équipe, car comme nous l’avons vu avec l’OM, les noms n’ont pas suffit à empêcher une descente. Quand je suis arrivé, la mayonnaise a pris de suite entre les anciens et les nouveaux.En plus il y avait comme entraîneur un garçon nommé Aimé Jacquet et à la vison du football extraordinaire. Les bons résultats d’entrée ont permis au club de jouer les premiers rôles et tout est devenu plus facile pour la suite.
Vous finissez votre carrière en 1984 sur un titre de champion avec ce club, l’unique d’une longue et belle carrière…
Oui c’était bien de terminer ainsi, même si j’aurais aimé faire plus de matches et participer à 100% à ce titre. Le duel avait été beau et serré avec l’AS Monaco. Mais j’ai été pas mal blessé au cours de cette saison là.
Beaucoup de choses ont été dites sur Claude Bez, le président des Girondins de l’époque. Que pensiez vous du personnage ?
(Articulant et séparant excessivement ses mots) J’ai rarement rencontré un président avec autant de personnalité et en plus qui respectait la parole donnée. C’était un Monsieur, bien qu’il ait été décrié. Je crois que vis-à-vis de leurs joueurs, si tous les présidents de club pouvaient avoir la même collaboration et la même façon de faire que lui, il y aurait beaucoup moins de problèmes dans le football.
Parlons de Marius Trésor en équipe de France ! En arrivant à Ajaccio en 69, imaginiez-vous débuter avec les Bleus en 71 ?
Jamais je n’aurais imaginé une telle ascension et en si peu de temps. Déjà après deux mois en Corse j’intégrais l’équipe de D1. Puis après deux ans je commence en Espoirs avec qui je joue trois matchs me propulsant en « A » le 4 décembre 71. Tout se passait très vite, j’étais là à côtoyer des garçons que j’avais vu avant dans les magazines. Je me disais « Mais ce n’est pas possible ce qui m’arrive » et aussi que ce n’était qu’un début et que si je voulais que cela se passe bien, il fallait que j’apprenne et que je fasse le plus d’efforts possible.
Comment se passèrent vos débuts ?
J’ai d’abord débuté arrière gauche lors de ma première sélection puis arrière droit pour mon second match à un poste que je ne connaissais pas pour remplacer le capitaine d’alors, Jean Djorkaeff. Celui-ci avait été super en me conseillant, me disant que ce n’était pas la peine de me mettre martel en tête et de jouer comme je savais le faire. Je n’ai pas du trop mal me débrouiller car pour le match suivant j’ai été rappelé et cela a été le début d’une grande aventure avec les Bleus (rires).
Est-il vrai qu’à votre arrivé en équipe de France vous aviez vouvoyé les joueurs ?
Mais bien sur ! Peut être que cela ne se fait plus mais quand tu rentrais dans une équipe comme cela, tu disais « Bonjour Monsieur » aux gars qui faisaient partie des meubles et c’était normal.
En Bleu vous avez fait partie de la fameuse « garde noire » avec Jean Pierre Adams. Le surnom en disait long sur l’efficacité du duo…
Nous étions allé faire un match en Pologne en 1974 face à leur belle équipe nationale de l’époque que nous avons battue 2-0. Et en conférence de presse, c’est notre sélectionneur Stefan Kovacs qui a dit « si la défense française a été si solide, c’est grâce à ma garde noire ». Je suis arrivé deux matches avant Jean Pierre en équipe de France et nous nous sommes donc côtoyés pendant un moment en sélection à partir de 1972. Kovacs qui avait pris l’équipe en 72/73 nous a associé après deux ou trois matchs. Notre premier match ensemble fut à Gelsenkirchen en Octobre 1973 quand on perd 2-1 face à l’Allemagne. C’était aussi mon premier but avec les bleus. C’’est Jean Pierre qui en me voyant monter avec le ballon me dit de frapper ! J’ai alors tenté ma chance et le ballon ricoche sur le dos de Beckenbauer et prend à contre-pied Sepp Maier. Avec Jean Pierre, nous avons joué ensemble jusqu’au match Danemark France (1-1) de 1976.
Vous entendiez-vous aussi bien dans la vie que sur le terrain ?
Ah oui. La première fois que nous nous sommes rencontrés c’était lors d’un Ajaccio/ Nîmes. Mon N°10 était marqué par leur N°6 qui fut à un moment très vigoureux sur lui. Mon N°10 me dit alors « Chope le » et avec Jean Pierre on se regarde en se disant « Entre nous on ne mange pas de ce pain là ». On s’est retrouvé à la fin du match à une réception organisée par la mairie d’Ajaccio pour discuter et sympathiser.
La belle aventure en Bleu a vraiment commencé en 1976, avec le groupe que l’on appelait la bande à Platini…
Oui. Kovacs avait arrêté et Michel Hidalgo, qui était son adjoint comme déjà sous Georges Boulogne auparavant, a pris normalement la succession comme sélectionneur. Il m’a nommé capitaine pour le match en Bulgarie lors des qualifications au Mundial 78. En Michel je ne voyais pas le sélectionneur mais la personne ayant partagé pendant quatre ans avec moi la vie de cette équipe de France. C’était beaucoup plus un ami qu’un sélectionneur et c’était réciproque. C’était bien sûr aussi l’arrivé de Michel Platini et de Maxime Bossis qui ont apporté qualité et rajeunissement. Car je faisais déjà partie des vieux !
Et tout cela a contribué à ce que la France se qualifie pour la Coupe du Monde 78…
La qualification a été un moment magique. Surtout par rapport au parcours que nous avions fait comme avec ce match en Bulgarie où on doit gagner cent fois si on a un arbitre honnête… Vous voyez, déjà à l’époque on parlait des arbitres!
La qualification se joua face à cette même Bulgarie dans un match qui est peut-être le plus important de l’histoire du foot français, non ?
Le plus important, je ne pense pas. France-Brésil de 1998 est le plus important. Je dirais que cette victoire 3-1 face à la Bulgarie a permis au football français de se retrouver à nouveau confronté au gotha du football mondial car il avait été absent des phases finales internationales depuis la Coupe du Monde 66 en Angleterre. Pour cela il nous fallait gagner à tout prix.
C’est vous qui êtes à l’origine du premier but de Rocheteau, racontez nous…
J’étais monté sur un corner et j’ai remis le ballon sur Dominique avec la complicité d’un défenseur adverse. Mais pour nous, le principal c’était que le ballon rentre et que l’équipe de France se déride en ouvrant le score, peut importe qui poussait le ballon dans les filets. Quand les Bulgares reviennent à 2-1 nous avons un peu tremblé, puis notre troisième but devient anecdotique. Quelle ambiance ! Il n’y avait rien à redire là dessus. On avait toute la France derrière nous et nous avons fait en sorte de ne pas décevoir les amoureux du football. Le fait d’avoir fait partie des joueurs de cette équipe est un moment qu’on n’oublie pas.
C’est environ à cette époque que vous avez enregistré la fameuse chanson, « Sacré Marius ». C’est après un repas en Guadeloupe trop arrosé au rhum que vous avez accepté ?!
(rires) Ce n’est pas moi personnellement qui ait voulu la faire. L’équipe de France venait de se qualifier pour le Mundial et en compagnie de Julien Clerc, je venais de participer à l’émission Le Grand Echiquier de Jacques Chancel. Quand je suis rentré sur Marseille, les gens me disaient « ah Marius on t’as vu à la télé » et ils ont commencé à dire « pourquoi on ne ferait pas une chanson ? ». L’idée a germé et cela s’est concrétisé sous le signe de la déconnade.
On vous a chambré sur le terrain à propos de ce disque ?
Non jamais sur le terrain. Mais quand il y avait une fête ou le mariage d’un joueur, on me le passait !
Vous la chantez toujours de temps en temps ?
Nooon, non, non.
Quelques mois avant le fameux France-Bulgarie dont nous avons parlé, il y avait aussi eu cette mini tournée en Amérique du Sud qui vous avait conforté sur votre valeur et qui avait un peu tracé la voix, non ?
On a beaucoup parlé du match au Maracaña contre le Brésil mais il faut aussi se rappeler que trois jours avant nous avions fait un super match nul (0-0) contre l’Argentine au stade de Boca Juniors. C’était une équipe d’Argentine comme nous l’avons toujours connue, très technique. Mais elle avait aussi gagné en physique. Giresse peut vous en parler puisqu’il s’était fait sécher très rigoureusement et avec une cheville en l’air, il n’a pas pu jouer au Brésil. L’Argentine préparait cette coupe du monde qu’elle allait organiser un an plus tard, ils ne voulaient pas passer à côté et voulaient intimider leurs futurs adversaires. Au niveau ambiance ils étaient aussi déjà dans la coupe du monde, on voyait à peine les lignes de délimitation du terrain tellement il y avait de leurs petit papiers carrés qu’ils jetaient.
Votre but égalisateur au Maracaña fait partie du mythe Marius Trésor. Est-il vrai que vous étiez autant content d’égaliser que de battre en duel le défenseur Luis Perreira que vous appréciez ?
Oui effectivement. Luis Perreira était le libero de la Seleção et de l’Atletico Madrid. J’admirais ce garçon qui était un joueur avec beaucoup de prestance et en imposait sur le terrain. C’était aussi le fait de marquer face au Brésil, que j’ai toujours adoré car étant des Antilles, et celui d’avoir obtenu un résultat pour la première fois face à ce pays et dans ce stade.
Le match des Bleus avait reçu les éloges des médias mais aussi des supporters, comment était l’ambiance dans le stade ?
En fait, en première mi-temps le Brésil avait été conquérant et nous, un peu timides. Ils menaient 2-0 avec ce public qui, pendant tout le match, ne cessait de chanter et de danser la samba. Cette ambiance nous a donné l’envie de se surpasser et le premier but de Didier Six a été le déclic. On a senti qu’on jouait très bien et qu’on faisait jeu égal avec eux ou même mieux. Ce qui n’était pas rien ! En plus, le public était en train de tourner en notre faveur et à partir de là, quand on égalise, il n’y a pratiquement pas eu de sifflet mais que des applaudissements pour nous. C’était extraordinaire !
Au final de cette tournée vous arrachez deux bons matchs nul en trois jours…
Oui et face à deux des meilleures nations. Cela ne pouvait que conforter le football français dans la voie qu’il était en train de se tracer, c'est-à-dire celle de contrarier le jeu des grandes nations.
Cette Coupe du Monde en Argentine, beaucoup voulaient que vous la boycottiez du fait que le régime de dictature en place dans ce pays était supposé accomplir des atrocités…
C’est vrai. On en avait déjà parlé entre nous. Mais vous savez, personnellement en tant que footballeur j’ai toujours essayé d’occulter le côté politique des choses. Mais pour beaucoup c’était l’occasion de taper du poing sur la table par rapport à ce qui se passait là bas. Mais quand on ne connaît pas vraiment la véracité des faits, on est mal placé pour prendre une telle décision. Nous avions aussi cravaché pour y arriver à cette Coupe du Monde et on a surtout fait que le football reste un jeu et pas un instrument politique, ce que Amnesty International voulait faire.
Vous sortez au premier tour de cette Coupe du Monde sans pourtant démériter…
Quand vous vous retrouvez dans le groupe de la Hongrie qui n’était pas rien, de l’Italie une grosse cylindrée, et du pays organisateur…Nous avions bien entamé avec ce but le plus rapide de l’histoire de Bernard Lacombe face à l’Italie. Et nous n’avons pas démérité effectivement, alors tu te dis pour une première, c’est bien. Mais la préparation a été perturbée. Nous étions concentrés au même endroit que l’Italie. On ne sait pas pourquoi ! Nous n’étions donc pas en toute tranquillité. Eux pouvaient voir que certains de nos joueurs n’étaient pas prêts. Comme moi qui cravachais une semaine avant le début pour récupérer d’un claquage subi avant la compétition. Les Italiens étaient au courant de tout cela. C’est quelque chose qui paraîtrait irréel aujourd’hui.
Jouer le pays organisateur n’était pas une mince affaire…
Oui c’est sûr mais nous avons aussi la malchance contre nous de jouer une Argentine bien aidée par des arbitres suisses avant la mi-temps. Je tacle l’argentin Luque, qui se loupe complètement et son ballon va sur ma main qui était à terre. C’est penalty… J’aurais compris s’il y avait eu des adversaires derrière moi, mais là c’était des coéquipiers français ! Malheureusement on était en Argentine et c’est l’arbitre de touche qui donne penalty, car celui du centre avait signalé un corner. A 1-0 à la mi-temps ce n’est pas pareil. Au retour des vestiaires nous sommes quand même revenus avec des prétentions et nous avons bousculé ces Argentins en revenant à 1-1 puis avec Didier Six qui loupe le 2-1 seul devant le gardien. C’est dommage car cela n’aurait plus été le même match s’il avait marqué.
Pour vous l’Argentine était réellement avantagée par les arbitres durant cette coupe du monde comme il est souvent sous-entendu ?
Cela se sentait bien sûr. Pour leur rencontre décisive face au Pérou, ils jouent bien après le Brésil avec qui ils étaient à la lutte pour une place en finale et connaissant ainsi leur résultat et le nombre de buts qu’il fallait qu’ils marquent…Sachant que le gardien péruvien était un ancien argentin naturalisé et au vu du résultat final tout était fait pour que l’Argentine gagne.
Finalement, l’aventure du Mundial se termine par ce dernier match sans enjeu à Mar del Plata contre la Hongrie. Mais le coup des maillots à rayures vertes et blanches portés par les Bleus valait le détour !
C’est l’intendance de l’équipe de France qui avait oublié à Buenos Aires les maillots de la couleur qu’il fallait. Nous avions avec nous des blancs comme la Hongrie et comme ce devait être à nous de changer, nous avons dû récupérer les maillots d’une équipe de juniors de la ville. Le match a débuté avec beaucoup de retard et comme il était en Eurovision cela avait coûté bonbon à la France ! Tous les programmes avaient été bouleversés et cela n’était pas passé inaperçu…
Avez-vous gardé ce maillot si particulier ?
Non, non, nous les avions remis à ces Juniors à la fin du match !
Vous disputez une autre Coupe du Monde, quatre ans plus tard en Espagne, mais avec un destin bien différent cette fois-ci…
Quand on pense à cette coupe du monde, c’est la demi finale de Séville face à l’Allemagne qui revient toujours dans les mémoires. C’est vrai que l’aventure en elle-même était extraordinaire. Après notre premier match et la défaite 3-1 face à l’Angleterre, personne ne nous voyait aller si loin. C’était quand même une réussite. Mais je dirais que ce match de Séville restera toujours le pire souvenir de presque toute cette génération.
Certains joueurs avaient la trouille avant ce match, non ?
Mais ce n’était pas que pour ce match ! Moi avant chaque rencontre j’avais la trouille. Mes amis me demandaient comment je faisais pour paraître si serein et être aussi relax. Ce n’était qu’une apparence car tant que je n’avais pas touché mon premier ballon je n’étais pas serein. Là pour ce match, l’équipe de France n’était pas favorite et les Allemands l’ont démontré en début du match en étant bien au dessus de nous. Et c’est vrai que j’avais peur de cette équipe car elle comptait beaucoup de garçons impressionnants comme Hrubesch et ses 1,94m, Breitner, les Forster, le décathlonien Briegel comme on l’appelait, Fischer, Kaltz...C’est vrai j’avais la trouille. Il aura fallu qu’ils ouvrent le score pour que nous nous libérions.
Finalement vous réalisez un superbe match, avec votre but dans les prolongations à jamais gravé dans la mémoire des amoureux du football. Vous étiez si proche de la finale…Quel sentiment ressurgit en vous en y repensant ?
Quand on a la chance de mener 3-1 en prolongation et que l’on perd…Certains joueurs on eut la chance de disputer un autre mondial après cela, même s’ils ont connu la même désillusion en demi finale. Mais moi, en 1982 et à 32 ans je savais que c’était une occasion extraordinaire qui ne se représenterait plus. La déception était d’autant plus grande quand on voit ce qui s’est passé durant le match. Si nous perdons, la raison est simple : l’arbitre. Je n’ai pas compris que ce soit un hollandais désigné alors que nous avions éliminé les Pays Bas lors des qualifications pour cette coupe du monde et alors qu’il y avait aussi un Portugais disponible. Quand les Allemands reviennent au score en prolongation, il y a une première faute sur Platini et une seconde sur Giresse que tout le monde voit sauf l’arbitre. Si l’action de Schumacher sur Patrick Battiston se passe aujourd’hui, il est expulsé. Cela n’était pas pour nous ce jour là, c’est tout. Et tu te dis que la chance n’était pas de notre côté non plus car si le tir d’Amoros avant la fin du temps réglementaire rentre au lieu de toucher la transversale, nous n’aurions pas parlé du but de Marius Trésor en prolongation.
A 3-1 pour vous en prolongation, l’erreur a quand même été de continuer à attaquer non ? Le banc des remplaçants nous poussait à aller de l’avant c’est vrai, et l’erreur a été de ne pas mettre le pied sur le ballon en se disant que trois jours après il y avait une finale à jouer. Nous avons continué d’attaquer pour essayer de leur mettre la pâtée car pour une fois qu’on les tenait ces Allemands ! Est-il vrai qu’après le match, à l’aéroport, vous voyez ce fameux arbitre en train de rigoler avec les Allemands ? Oui, nous ne comprenions pas de quoi il parlait. Ça la foutait mal. Nous avions été obligé de retenir Jean Tigana qui voulait aller lui casser la gueule ! Avec Patrick Battiston vous arrive t-il de reparler de ce match ? Quasiment pas, seulement quand les gens nous en parlent. L’allemand Manfred Kaltz joua quelques années plus tard au sein des Girondins, avez-vous reparlé de Séville avec lui par contre ? C’est vrai, il a joué une saison ici en 89. Evidement nous en avons reparlé. A l’arrivée, même si nous n’avions pas forcément voulu en reparler les journalistes s’en sont chargés ! Et les médias étrangers vous sollicitent-ils toujours ? Oui car vous savez quand vous restez dans le milieu vous êtes souvent sollicité. Avant la coupe du monde en Allemagne, une télé allemande voulait venir nous voir à Bordeaux, Patrick et moi, pour évoquer Séville. Finalement nous avons répondu par la négative car tout cela est bien lointain et c’est une époque révolue. Ce n’est pas la peine de ressasser le passé. Vous avez été le premier recordman de l’ère moderne du nombre de sélections en équipe de France avec soixante cinq capes. Cela avait-il été important pour vous ? Vous savez, c’était simplement honorifique. Cela fait plaisir sur le coup car le record de Roger Marche durait depuis longtemps, et comme j’étais le premier à le battre, les gens en ont parlé. Mais on sait pertinemment que cela ne va pas durer et assez vite Maxime Bossis l’a battu. Puis quand on voit aujourd’hui Lilian Thuram, ce record parait dérisoire. A l’occasion de ce record vous aviez sorti une ligne de vêtement de sport, non ? Oui, son nom était MT65 et je l’avais créé avec des gens de Bordeaux. Au départ cela avait bien pris et pas mal de clubs dont certains de D2 avaient adopté l’équipement. Mais les gestionnaires ont confondu chiffre d’affaire et bénéfices donc ça n’a pas duré… Quelque chose qui ne vous sera jamais enlevé est votre place dans les cent joueurs du siècle de la FIFA. Vous êtes d’ailleurs le seul défenseur français de votre époque… Oui mais c’est mon pote à moi qui a fait la sélection (rires) ! Vous voulez dire Pelé ? Oui. C’est un garçon que j’ai rencontré pour la première fois au Japon et le courant était de suite bien passé. Il y a entre nous un respect mutuel. Je l’ai toujours adoré et il m’a donné l’envie d’aimer le foot. En plus, en 1978, on lui avait demandé qui était le meilleur joueur français du moment et il avait répondu « Marius Trésor ». On ne pouvait qu’être amis (rires) ! Quel serait votre onze idéal des joueurs ayant joué à vos côtés durant vos 65 sélections ? (il réfléchit)…Gardien : Carnus. Arrière droit : Patrick Battiston. Arrière gauche : Maxime Bossis. Ah mais moi je ne me mets pas dans l’équipe ! Si si…
Bon, Marius Trésor et Jean Pierre Adams dans l’axe alors. Récupérateurs : Jean Tigana et René Girard. Milieux offensifs : Giresse et Platini. Attaquants : Lacombe et Rocheteau. Qu’est-ce qui vous a marqué chez les différents entraîneurs avec qui vous avez travaillé ? Je dirais qu’avec pratiquement chacun d’entre eux j’ai essayé d’apprendre. J’ai eu des difficultés et cela n’a pas toujours été facile mais j’ai adoré travailler avec Jules Zvunka à l’OM comme j’ai adoré le tandem Hidalgo / Marc Bourrier en équipe de France. J’ai aussi aimé le garçon qui a déridé le football français de par son approche du football, Stefan Kovacs. Quand il est arrivé on avait toujours un peu peur avant les matchs. Je me rappellerai toujours le match en Allemagne que l’on perd 2-1 en 1972. Il y avait les frères Kramer, l’un ailier gauche et l’autre sur l’aile droite. C’était la première sélection de Dario Grava comme arrière gauche chez les Bleus et il devait être au marquage du fameux Kramer, celui sur l’aile gauche et qui était en forme extraordinaire. A l’époque on ne jurait que par lui. Stefan Kovacs a pris Dario avant le match seul dans sa chambre, et quand ce dernier en est ressorti, il semblait un autre homme ! On ne sait pas ce qui s’était dit mais finalement, le Kramer on ne l’a pas vu du match. Avant Kovacs quand on partait jouer, c’était surtout pour ne pas perdre. Avec lui, on n’appréhendait plus les choses de la même façon. Puis je n’oublierai pas Aimé Jacquet que j’ai côtoyé quatre ans à Bordeaux. Comme je vous l’avait dit c’était un entraîneur à la vision extraordinaire. Vous n’avez jamais voulu entraîner au plus au niveau vous-même ? Non, non, non. J’avais un peu été dégoûté de ce que j’avais vu en tant que joueur et peut être aussi que je n’en avais pas l’âme. Quand j’entends parfois quelqu’un parler d’un « grand entraîneur » cela me fait sourire car je sais par expérience que celui-ci est à la merci du groupe qu’il a sous la main. Si le courant passe, il n’y a pas de problème et les résultats suivent. Si par malheur c’est l’inverse, et que cela est le cas avec des joueurs d’influence au sein du groupe, on peut me dire ce que l’on veut mais l’entraîneur ne peut pas réussir. Regardez Lacombe à Paris. Il ne peut pas être mauvais du jour au lendemain. Mais il a les joueurs à dos. Cela est arrivé aussi à Aimé Jacquet qui de 1980 à la saison 87/88 a toujours eu un groupe de joueurs qui voyaient les choses comme lui. Malheureusement la saison suivante, avec l’arrivée de certains garçons, cela n’est pas passé et en six mois tout ce qu’il avait fait a été oublié. Pareil pour Capello au Milan avec qui il gagne tout avant de se faire virer l’année où il y revient. Je pourrais aussi vous parler d’Elie Baup aux Girondins…C’est toujours pareil. Quelle est votre vision sur le football d’aujourd’hui et auriez-vous pu y trouver votre place comme joueur ? Je crois qu’on arrive toujours à s’adapter. Mais quand je vois le football actuel, c’est tellement médiatisé, que le jeu en lui-même perd de son intérêt. Je ne pense pas que j’aurais pu m’y exprimer autant qu’à mon époque. Il y a beaucoup moins de liberté. Le Marius qui tacle à tout va, il aurait souvent été expulsé de nos jours peut-être ? Le tacle c’était un geste que j’utilisais souvent et je n’ai jamais blessé personne. Quand on voit comment ça se passe actuellement au niveau de l’arbitrage…Les joueurs sont en partie responsables mais les arbitres n’ont aucune culture foot, ils sont souvent très loin de l’action. Je cite toujours Robert Wurtz comme un bon arbitre car parfois il nous gênait dans le jeu tellement il était proche de l’action.Mais il voyait le jeu ! Aujourd’hui ils ont des oreillettes, à peine s’ils s’en servent, c’est n’importe quoi. On veut apporter le recours de la vidéo, mais personne n’en veut, à partir de là…La dernière coupe du monde a été déplorable en ce qui concerne l’arbitrage. J’ai assisté à une émission où monsieur Saules, le responsable de l’arbitrage, disait que les grosses erreurs étaient dues aux arbitres des pays sous développés. Mais le grand arbitre anglais qu’est supposé être Graham Poll, il s’est trompé à chaque match ! Quand vous le voyez se déplacer y’a de quoi rigoler, il n’a pas le physique. Je ne dis pas qu’il faut applaudir quand les gens s’en prennent aux arbitres mais regardez : les joueurs pros s’entraînent tous les jours, voire deux fois par jour sauf les jours de match. Et parfois ils ont du mal à finir les 90 minutes. Un arbitre s’entraîne deux ou trois fois par semaine, comment voulez-vous qu’il ait la condition physique ?! Autre problème au centre des débats du football actuellement, le racisme. En avez-vous souffert durant votre carrière de joueur ? Non. Une seule fois j’ai eu droit à une parole déplacée mais sinon je n’ai jamais rencontré ce type de problème. C’est peut être le fait que la société ait changé qui veut cela. Avant c’était toujours physique et cela parlait beaucoup mais ça restait toujours dans la légalité car nous étions des garçons faisant le même métier et on était sur un terrain pour se mesurer, pour chercher à gagner mais sans faire entrer le racisme dans tout cela. Celui-ci n’était pas très bien vu. Il n’y avait pas tous ces débordements qu’il y a désormais. Même au niveau des spectateurs. Je n’ai jamais entendu un cri de singe dans les tribunes. Avez-vous conservé des souvenirs de votre carrière ? Non pas vraiment. Je crois que j’ai juste deux maillots de l’équipe de France dont un sous cadre que ma tante a chez elle. Je n’ai jamais été un collectionneur et comme à mon fils cela ne lui disait pas grand-chose… En tout cas vous gardez un bon souvenir des détails de votre carrière. Avez-vo
9e journée DHR poule A (3 décembre 2006, Vallergues)
Un duel à haut rythme !
Herfoufi (St Brès Vallergues) et Caumet (Frontignan) n'auront pu se départager dans un duel qui atteignit des sommets de rythme et d'engagement.
Mila, le talentueux attaquant de Saint Brès Vallergues, aura été l'homme du match des locaux et a été à l'origine de l'égalisation pour les locaux après un joli débordement.
Feuille de match :
Saint Brès-Vallergues : 1 Palaysi 2 Alaume 3 Gelly 4 Champ 5 Perez (cap) 6 Pelegrin 7 Salager 8 Azaïs 9 Mila 10 Herfoufi 11 Dengleant 12 Mathieu 13 Azeddioui 14 Savanier (entraîneur: Bru Marcel)
AS Frontignan : 1 Soulie 2 Ducamp 3 Monti 4 Dalzon 5 Gorsse 6 Caumet 7 Ahullo (cap) 8 Nebot 9 Rubach 10 Brouillonnet 11 El Hadgri 12 Djebli 13 Pignatelli 14 Boutouba (entraîneur: Anselme Pierre)
Buts : Rubach 5e (Frontignan), Azaïs 80e (Saint Brès-Vallergues)
Expulsion : Ahullo (Frontignan)
Azaïs très remuant au milieu de terrain pour Saint Brès
Herfoufi a beaucoup tenté mais pour une fois n'aura pas marqué
El Hadgri et Frontignan ont su protéger le point du match nul jusqu'au bout. Injustement réduit à dix, ce ne fut que justice pour eux malgré les assaults de Saint Brès durant le dernier 1/4h.
Frontignan a prouvé qu'il avait du caractère et un mental, atout nécessaire pour la montée. Saint Brès prouve quant à lui qu'il faudra compter sur les joueurs de Marcel Brun pour une nouvelle montée. Cela serait un exploit que d'atteindre l'ascention une 5e année consécutive. Mais au vu du potentiel et de la qualité que les héraultais affiche dans toutes les lignes, cela est loin d'être utopique...
Le Championnat est-il déjà joué ?
Non ! Telle est la réponse de la grande majorité des entraîneurs qui espèrent légitimement que les aléas du football puissent enrayer la marche en avant de Uzès-Pont du Gard vers le CFA2. La montée leur semble pourtant promise au vu de leurs qualités et acquise à défaut d’un parcours aussi brillant que le leur d’un de leurs concurrent initiaux, tous décevants jusqu’ici.
La question peut paraître inadéquate à seulement deux matches de la mi-championnat mais le parcours de l’équipe de Fred Arpinon nous pousse à se la poser ? Certainement elle a trotté dans la tête de beaucoup des prétendants pour le moment distancés. Mais cette DH et faite de compétiteurs aux ambitions initiales qui les obligent à ne pas vouloir laisser à Uzès une fin de championnat tranquille. A Lattes, premier des poursuivants, Yohann Febrer ne « pense pas qu’une équipe puisse avoir la même réussite sur tout un championnat ». Forcément une équipe invaincu lors d’une saison de DH ne s’est jamais vu mais y a-t-il pour autant un autre effectif capable de faire à partir d’aujourd’hui ce qu’à fait Uzès jusqu’à présent, et capable de profiter d’éventuels faux pas du leader ? Deux noms reviennent avec insistance, La Pointe Courte et Narbonne. Lattes peut aussi être présent pour beaucoup d’entraîneurs respectueux du beau parcours des lattois. Leur coach estime qu’ « il ne faut pas calculer le leader et faire son championnat. Et si faux pas il y a devant, ne pas se prendre la tête et commencer à penser que cela est possible de les rattraper ». Le champion est toujours celui qui a réalisé un bon départ et a gardé une certaine régularité. Lattes l’a fait comme Uzès et Bagnols derrière eux qui est invaincu depuis Août. Les gardois favoris en début d’année font pourtant profil bas, estimant pouvoir juste accrocher Uzès sur un match avec leur onze de départ. Discours à la Guy Roux ou honnête aveux d’impuissance ?
La trêve est un aussi facteur important à prendre en compte, car toute les équipes ne l’auront pas géré pareillement et il n’est pas rare de voir une équipe s’écrouler après celle-ci. Mais encore tout dépend d’Uzès. Si sur les deux ou trois prochains matches ils font des résultats, cela peut être psychologiquement déterminant dans la tête de beaucoup et mathématiquement très chaud. Il faudra voir aussi si un jour cette année nous aurons un hiver et des terrains gras sur lesquels Uzès ne pourra pas s’exprimer pareillement. C’est là que la chance de la Pointe Courte peut résider. Fred Remola est de retour au club. Après son départ cet été, il parlait de revenir quand un club en difficulté l’appellerait pour faire « un coup à la Courbis ». Le coup dont il parle actuellement est simple : « Il faut que nous, les Bagnols, Narbonne et Sète prenons conscience du devoir que l’on a et se mobiliser chaque fois que l’on joue Uzès pour les battre et ne pas les laisser se balader ». Il avoue aussi qu’Uzès reste solide avec une stratégie et une mise place appropriées à ce niveau, utilisant l’ossature de l’équipe de l’an dernier. Il rajoute aussi que « la force d’une équipe se juge avec la première défaite ». Evidement tout le monde attend la réaction des Gardois en telle circonstance. Tout comme certains peuvent voir arriver une mauvaise série si les joueurs d’Arpinon s’enflamment et se voient déjà en CFA2. Une telle erreur ne serrait pas le genre de la maison au vue de l’humilité du coach Gardois. La présence dans son effectif de joueurs ayant évolué à des niveaux supérieurs semble aussi une garantie contre la prise du melon à la pensée d’une simple CFA2. Ils sont au contraire certainement capables de se remettre en question et amener de la rigueur dans un groupe qui doit aussi sa réussite à cela. Finalement il reste le classique d’une saison, la gestion des blessures et des périodes où le ballon ne veut pas tourner rond. Si l’effectif d’Uzès est fort dans ces temps là, il sera difficile de le déloger car il ne semble pas avoir d’autres failles. Ils ont quand même fait un grand pas vers la division supérieure quoi qu’on en dise. Mais si Fred Remola remet de l’ordre dans la maison des Pointus, si Narbonne est plus efficace qu’agréable au regard, si le FC Sète profite des retombés du recrutement de l’équipe première, si Bagnols arrive à s’arracher et si Lattes veut bien être la sensationnelle surprise…Le Football fonctionne avec des si comme il est implacablement logique où déroutant. On applaudira poliment Uzès en fin de parcours ou on montera au panthéon l’équipe qui la délogera.
Ahmed Aït Ouarab, un talent devant s’épanouir aux forceps
REPERES :
Age : 27 ans
Poste : Milieu offensif gauche
Clubs successifs : Martigues (1999-2002), Le Mans (2002-03), Wasquehal (2003-04), Valence (2004-05), Clermont (2005-06), Sète (2006- ?).
Amis dans le foot : Mes équipiers Valentinois de 2004-05 dont Mehdi Mostefa, Mickael Tacalfred (Dijon)
Après une carrière aux changements de clubs à répétition contre son gré, Ahmed a pausé ses valises au pied du Mont St-Clair cette saison. Second joueur le plus utilisé de l’effectif, il ne compte pourtant que sept titularisations. Selon Christian Sarramagna, de part les qualités de son milieu offensif et sa marge incroyable, celui-ci peut espérer beaucoup plus de temps de jeu sur un côté gauche où il excelle.
A un age qui est souvent celui de l’apogée pour un joueur, Ahmed ne semble pas encore avoir fait éclater tout son potentiel avec régularité. La faute aux fréquents changements de clubs ? Peut être car quand la situation l’aurait permise, le destin de certain clubs en a voulu autrement. En se pausant à Sète pour un contrat de deux ans, il espère bien participer à celui du club héraultais : « Mon but n’est pas de briller. C’est celui du club : la L2 et avec Sète, y pérenniser le club et ma carrière sur 3-4 ans. Y’en a marre des déménagements ». Avant d’évaluer son actuelle saison, examinons le parcours de ce natif de Bourgoin Jalieu qui fit ses classes au Racing Club de France en 15 et 16 ans Nationaux. Son talent naturel lui valu d’obtenir deux sélection en Equipe de France -16 ans, étant le seul joueur à l’époque n’appartenant pas à un centre de formation. C’est à celui de Nice qu’il signa un contrat espoir pour évoluer avec les -18 ans et la réserve du club alors en L1. Bien parti, Ahmed devra changer de cap plus vite que prévu avec la descente du club en L2. L’arrivée d’une direction italienne, amenant dans ses valises des joueurs de la Botte, ne donnait aucune chance aux jeunes d’éclore. Alors prêté à Martigues, il y connu directement la montée en L2 avant d’y signer pro et de jouer trois saisons pour les provençaux. « Cela fut très positif et une grosse expérience pour moi. Je serais resté mais le président Jean Pierre Astier voulu en faire un énorme club. Il fit faillite deux saisons après mon départ. J’en avais profité pour aller au Mans et participer à la montée en L1. Le groupe avait des qualités énormes et si je n’ai pas beaucoup été titulaire, j’ai participé et vraiment haussé mon niveau ». C’est alors peut être l’heure d’un mauvais choix pour Ahmed, dont l’entraîneur qui avait besoin de place dans son effectif ne lui proposa que la réserve. Ne pensant pas à la possible D1, ne voyant que le côté négatif et sans avoir le recul qu’il aurait peut être fallu, Ahmed a choisi le temps de jeu en National avec Wasquehal qui promet un joli projet. « Mais cela s’est mal passé pour le club et je n’y voyait pas l’avenir. J’ai préféré accepter le chômage avant d’aller faire un essai à Valence descendu de L2 ». C’est avec ce club qu’Ahmed connaîtra son aventure la plus forte : « Valence avait mis 250 joueurs à l’essai, c’était la Star Académie « toi tu restes, toi tu restes pas ». Avec Mehdi Mostefa on a vécu tout cela, on nous a donné une chance sportive, on avait faim et l’envie de montrer qu’on existait. Le slogan des supporters était « A l’heure du foot Business nos smickars Valentinois sont rois » ! Toutes les entités du club étaient soudées et nous aurions du monter lors de cette expérience humaine énorme. Mais la DGNC n’a pas voulu ». Le groupe a explosé et mi-juillet 2005, les joueurs ont pris ce qui se présente. Grâce à son vécu en L2, Ahmed est appelé à Clermont la saison dernière pour compléter l’effectif et y vivre une saison moyenne devant toujours faire ses preuves aux yeux du coach. C’est alors que le président Emile Anfonsso qui le suivait depuis deux ans mais aussi Christian Sarramagna qui l’appellent pour signer deux ans avec les Verts et Blancs. « Pour moi s’est une chance pour m’épanouir sportivement et développer ma confiance. Je suis content de m’investir dans un club où je sens l’amour du maillot que j’ai connu à Valence. Il donne l’envie de tout donner et je ne veux pas connaître une saison « bof » comme à Clermont ». Son bilan actuel est satisfaisant avec trois buts et sept passes décisives. Mais l’entraîneur espère encore mieux de lui, voulant « qu’il se face violence et se mette dans un contexte de jeu encore plus professionnel pour exploiter ses qualités énormes ». Ahmed sait qu’il a toujours donné cette impression de se reposer sur ses acquis mais aussi qu’il n’est « pas quelqu’un qui gâche les choses au niveau préparation et gestion du quotidien. Moi-même je me dit « mais qu’est-ce qu’il me manque pour passer ce palier ?! » ». La clé réside certainement dans la confiance, chère au yeux de Ahmed : « Quand je suis mauvais, je sais le reconnaître. Il faut me faire confiance, pas forcément m’écarter de l’équipe et je le rends bien. J’ai peut être aussi besoin qu’on me pique et ne me lâche pas au quotidien en me rentrant dedans comme lors de ma saison à Valence». Christian Sarramagna voudra peut être pousser à bout Ahmed et son effectif s’il le juge adéquat afin d’éviter ce sentiment de potentiel inachevé au sein du groupe en général. Celui-ci, comme Ahmed, est assez sein pour l’accepter et assez talentueux pour atteindre les objectifs de tout un club.
DH : Le rythme infernal de Uzès-Pont du Gard !
Même si nous aimons dédier nos pages aux clubs du 34, il est honnête de saluer le superbe parcours des Gardois : huit victoires consécutives et un match nul à Mende le week-end dernier pour aucune défaite. Certainement du jamais vu en DHE ! L’année où l’on dit que cette poule est si homogène, les joueurs de Frédéric Arpinon surfent sur une vague dévastatrice. Au point qu’à la Pointe Courte, un des grand favori à la montée cette saison, l’entraîneur Pierre Haon parle « d’aller maintenant chercher la deuxième place » ! Tous les entraîneurs sont d’accord sur le point que Uzès c’est du solide, bien en place et rapide devant. La recette miracle ? « A partir de janvier c’est un autre championnat qui commence, écoutez ce que je vous dit » affirme Jean-Pierre Cortégianni du Fun de Narbonne, autre prétendant pour l’instant distancé et très admiratif du parcours des gardois. Nous verrons effectivement après la trêve qui aura fait une bonne préparation. C’est peut être là que réside la clé du suspense. Et si Uzès jouit parfois d’ « une réussite insolente » selon certains, le championnat n’a pas dit son dernier mot. Frédéric Arpinon le sait et conclu : « Rien n’est joué. On n’est pas encore à mi-saison. Le niveau est homogène avec tout le monde qui peut gagner tout le monde. Ce que nous avons fait est exceptionnel et nous n’avons jamais eu un match facile. Regardez le Petit Bard ou Mende contre nous. On peut chercher des excuses en parlant de contre coup de la Coupe, mais eux n’ont rien lâché contre nous après leur superbe première mi-temps.Mais la chance n’existe pas en foot, on se la procure. A nous de résister maintenant ».
Une politique de club qui apporte ses 1e fruits
La première moitié de championnat vient de livrer son verdict et la bonne surprise vient du FC Sète de l’entraîneur Alain Samaritano, deuxième au classement. Seuls invaincus du championnat 15 ans Excellence en 11 journées, ils se sont fait subtiliser la plus haute marche du classement pour un maigre point suite à leur match nul de dimanche dernier. C’est rafraîchissant de voir des Verts et Blanc venir remettre en cause l’habituelle hégémonie dans cette catégorie d’age des centres de formation de Montpellier ou Nîmes. Ceux-ci ayant déjà des équipes de 15 ans en National, les Sétois vont lutter pour l’accession avec Perpignan Las Cobas et Nîmes Lassalien, « du solide » selon le coach sétois qui rajoute : « Mais nous nous sommes bien à notre place car les jeunes sont très rigoureux à l’entraînement et réguliers grâce à leur qualité de générosité, de combat et d’abnégation en plus du jeu qu’ils produisent ». En plus de ces qualités de bons sétois, ses joueurs joue aussi au ballon. Aux jeunes du coin, sont venu s’ajouter des anciens 14 ans fédéraux du MHSC, des Cheminots ou de Castelnau-Le-Crès. Certains sont au centre d’hébergement du Lazarais ou à l’internat de l’école Curie. Il y a un souci de travail au niveau de la politique des jeunes pour que ceux-ci travaillent dans de bonnes conditions. Ils ne sont pas venu au dépourvu et dès la deuxième saison de cette nouvelle politique de jeune mise en place, le FC Sète en récolte les fruits comme le confirme Alain : « J’aurais signé des deux mains en début de saison pour de tels résultats. Je suis très content de mes gars, et ils savent ce que l’on attend d’eux. On les fait avancer en même temps que le club car le staff et la commission des jeunes sont soudés comme sur le terrain. Tout le monde joue franc jeu et on va s’accrocher pour que cela continue ». Petit à petit l’effort de formation des héraultais se met en place.
St-Brès-Vallergues : on remet ça ?
Mehdi Mila face à Frontignan a été comme à son habitude virevoltant
Dans une poule où tout sera certainement très serré pour la monté entre une demi-douzaine d’équipes, le promu héraultais pourrait bien être la surprise de la saison. Même si à l’intersaison ses dirigeants ne parlaient que de maintien, il faut constater que l’équipe héraultaise présente des arguments de valeurs et des résultats allant jusqu’à surprendre son entraîneur. Et si une cinquième montée successive était dans leurs cordes ?
C’est avec le talentueux attaquant des héraultais, Mehdi Mila, que nous avons essayé d’analyser ce qu’il se cache derrière ce qui saute aux yeux : St-Brès-Vallergues est bien présent en haut du classement tout en jouant très bien au football. Après un début de saison un peu délicat en raison de cinq titulaires absents, ce constat n’est pas le fruit du hasard ou de la chance. L’équipe de Marcel Brun est deuxième meilleure attaque et défense. « Depuis notre mauvais départ, nous n’avons pas perdu à part à Aigues Mortes par manque de concentration et excès de confiance, et nous avons largement gagné nos autres matches. Sans prétention nous avons les moyens de faire quelque chose » avoue Mehdi. Après une année sans jouer à Castelnau Le Lez, il à fait le choix d’ « un petit club qui monte et ambitieux » comme son ami et N°10 Abderrahim Herfoufi en provenance de Grabels et autre fer de lance d’un trio offensif joliment complété par Mimoun Dengleant. Celui-ci était déjà meilleur buteur de PHA l’an dernier. « C’est vrai qu’on n’est pas gros devant mais on fait la différence par la vitesse et derrière nous Herfoufi compense avec son gabarit en plus de sa super technique. Et surtout on n’a pas peur. A ce niveau là on est combatif et contre tout le monde» ajoute Medhi. Et c’est une qualité important dans une poule où certains favoris paressent lâcher des points dans des matches supposés chauds faces aux gardois par exemple. Les héraultais ont du caractère et au-delà de la brillance de leur secteur offensif, ils ont de la qualité dans toutes les lignes. En commençant derrière où ils sont bien amenés par leur capitaine et libéro Laurent Perez. « Il sait poser le jeu et il nous parle bien. Il a de long discours pendant l’échauffement et après on se sent prêt » confie Mehdi. Quant à l’entraîneur Marcel Brun, il ne pensait pas que son équipe ferait aussi bien. Il est tout autant surpris que son président Alain Malafosse. Et comme l’appétit vient en mangeant, « désormais le coach s’accroche vraiment pour la montée. Tous les matches sont importants pour lui et juste jouer le maintien ne l’intéresse plus ! », révèle Mehdi. Son équipe vient de passer au révélateur de Frontignan, un club visant clairement la montée et revenant bien. « C’est ce que j’ai vu de meilleur. Ils ont eu un bon comportement et ont produit du bon jeu, c’était du foot et j’ai été agréablement surpris. En plus ils étaient venu pour nous mettre la rouste, ça j’ai aimé. Au final je pense qu’ils sont contents de repartir avec le nul. On avait un bon coup à jouer en gagnant car on les aurait détaché ». Mais Frontignan a prouvé avoir du caractère sur ce match en mettant un point d’honneur à freiner les joueurs de Marcel Brun dans leurs nouvelles ambitions. Ceux-ci semblent donc se déjouer du fossé présumé qu’il existe entre PH et DH, mais une question qui subsiste quant à une vraie réussite en fin de saison, c’est celle de leur groupe. Comme le note d’abord le coach de Grabels, Antoine Fournier, qui vient de jouer les deux équipes : « Frontignan n’a pas les individualités de St-Brès-Vallergues, par contre ils ont un meilleurs collectif. Mais parfois ce n’est pas ce qui fait la différence. Comme St-Brès est un club ayant les moyens et qui fait venir des bons joueurs, il va falloir voir comment tout cela cohabite ». La vie au sein de l’effectif de Marcel Brun sera bien un aspect important pour la suite des évènements de son équipe. Medhi Mila le confirme : « Pour continuer sur notre lancée il suffit que cela se passe bien au sein du groupe effectivement. Mais je suis confiant car on est quand même quelques uns en venant ici à se connaître du temple du foot et il y a aussi Gérard Azaïs et Prosper Champ avec qui j’étais au centre de formation du MHSC». Il rajouter aussi que le président Malafosse veille au grain : « Il est ravi et veut que cela continue. Il nous encourage et il est là pour nous ». Et si les beaux jours venaient à continuer pour lui et ses coéquipiers, Mehdi prédit que les équipes avec qui ils seront à la lutte pour une éventuelle accession en DHE seraient Vergèze, Frontignan et Fabrègues. « Ces derniers ont les attends ! En plus ils viennent de faire signer un ami à moi, Ouassu, qui est un très bon attaquant ». La suite de ce championnat est bien prometteuse et ce n’est pas un pari insensé que de miser sur le « Chelsea de l’Hérault », appellation qu’on entend parfois concernant St-Brès-Vallergues.
Benjamin Bastier : « Nous n’avons peur de rien ! »
Repère :
Age : 20 ans
Poste : Milieu offensif/ Attaquant
Taille : 1,80m - Poids : 65kg
Copains dans le foot : Mathieu Abad, Pierick Picard, Marc Messonier
Faits d’arme : Coupe de la Ligue (15 ans Béziers FC34)
Benjamin en est à sa deuxième saison seniors avec Portiragnes-Vias, club qui l’avait formé en catégorie poussins jusqu’en benjamins. Il s’affirme petit à petit comme un des meilleurs joueurs de cette DHR. L’équipe de Joël Daugas elle-même réalise son meilleur début de saison depuis que le technicien est au club. De quoi voir plus haut ?
Dans un jeune collectif commençant à prendre du galon, Benjamin Bastier est souvent citépar les entraîneurs adverses au classement des étoiles. Comme par Pascal Dagany, l’entraîneur Canétois victorieux dimanche dernier chez les Ententistes : « C’est un futur très bon joueur. Il est toujours entre deux lignes, il vient, il repart. Ces jeunes de Portiragnes-Vias sont un cran au-dessus de l’an dernier. » Joël Daugas confirme les qualités de son joueur : « Il a de grosses bases en technique individuelle et a acquis les fondamentaux dès qu’il était chez nous très jeune ». L’entraîneur est sur ses gardes car il sait que même si ses joueurs réalisent un très bon début et qu’ils ont des qualités, parfois il faut « aller au charbon ». Ceci ne leur à pas fait défaut face à Canet, mais plusieurs absences peuvent expliquer la défaite. Benjamin confirme : « Nous n’avons pas démérité, mais dès qu’il manque Beaude en défense ou Janselme au milieu, ce n’est pas facile de les remplacer. » Le joueur voit aussi des signes encourageant dans le fait d’avoir tenu la dragée haute à Canet malgré ces absents. Cela efface un peu les points d’interrogations émis par son coach quant à la qualité de son banc.
« Il peut faire la différence à tout moment »
Le groupe a donc subit un petit coup d’arrêt dès le début d’une série infernale, puisqu’il se déplace dimanche à Clermont avant de recevoir Port-La Nouvelle. « Le discours au club est de viser un peu plus haut cette saison. Avec notre bon début d’exercice, on commençait à parler de montée. Mais il ne faut pas s’enflammer, car dès qu’on perd un match, on descend vite au classement. La poule est plus dure cette année, avec aucune petite équipe. Il faudra être régulier pour essayer de finir dans les trois premiers. Après ce mois de décembre difficile, on va bien voir où on en est », ajoute Benjamin. Lui et ses coéquipiers n’ont en tout cas « peur de rien. On ira chez le leader pour s’imposer, comme pour tous les matches. »
Certes, les Ententistes ont un collectif bien rôdé et solide depuis deux saisons, mais cela risque d’être une autre paire de manches à Clermont. Portiragnes-Vias prend peu de buts, mais elle n’en marque pas beaucoup non plus. Elle comptera donc plus que jamais sur Benjamin qui préfère jouer en N°10, où Duarte excelle déjà, mais qui peut aussi apporter plus de réussite en pointe devant le but. « Pour s’imposer à ce niveau, il va lui falloir un peu de temps. Mais il peut faire la différence à n’importe quel moment », note un Joël Daugas désireux de voir ses joueurs continuer dans leur constante progression. Il sait aussi que décembre ne déterminera pas tout puisqu’il peut compter sur les grosses fins de saison de son équipe, une habitude depuis deux championnats. Avec un meilleur début cette année, Portiragnes-Vias est en droit d’espérer de titiller le podium en fin de parcours.
13e journée CFA
(Samedi 18 Novembre 2006 - Stade de la Mosson)
Montpellier ne décolle toujours pas…
© Photos : Nicolas Deltort
Les joueurs de Ghislain Printant n'arrive pas à sortir de l'ombre, toujours en bas de classement.
A la Mosson comme à Vendargue, leur habituelle pelouse, ils n'y arrivent toujours pas.
Le jeune attaquant pailladin, Ait-Fana, a pourtant beaucoup bougé
Jourdren a guère été inquiété de tout le match
Mais Agde a chèrement vendu sa peau
Son capitaine Luc Villalonga peut être satisfait de ce bon match nul qui les maintient en position confortable au classement.
En attendant de revenir sur cette pelouse pour la coupe de France, mais là cela sera pour affronter l'équipe fanion locale. Un autre paire de manchepour les joueurs de Thierry Villa !
Feuille de match:
Montpellier HSC II: 1. Jourdren 2. Lippini 3. Colombo 4. Laborde 5. Yagambiwa 6. Saihi (cap) 7. Yachir 8. Darbion 9. Bellugou 10. Fori 11. Ait-Fana 12.Bedller 13. Capelli 14. Nogales 15. Behe 16 Carasso (Entraîneur : Prinant Ghislain)
RCO Agde : 1. Blaquière 2. Dubois 3. Favier 4. Giacopelli 5. Sane 6. Demontaut 7. Vallegos 8. Duhaumarmon 9. Camara 10. Villalonga 11. Cissé 12. Benslimane 13. Erassa 14. Nouar (Entraîneur : Villa Thierry)
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