Mercredi 11 octobre 2006

«Boca-River : plus qu’un match de foot »

                © Nicolas Deltort 

A bientôt 31 ans, l´ancien monégasque est encore un des joueurs les plus doués du championnat argentin. Même si le jeune français Gonzalo Higuaín le pousse de plus en plus souvent sur le banc des remplaçants comme lors du River-Boca de dimanche dernier.  Ce match a vu River gagner avec panache face à son rival éternel (3-1). C’est l’occasion de revenir sur un entretien avec Gallardo, réalisé aux abords du stade Monumental à Buenos Aires pour le N°200 Spécial Argentine de ActuFoot06. A cette occasion, « Le Poupon » était revenu sur sa carrière en France, son amour pour le club de River Plate et son plaisir d’évoluer dans un environnement hors norme au niveau du supportérisme.

Bonjour Marcelo. Peut on revenir sur ta carrière à Monaco, que t´en reste t´il ?

Que des bons souvenirs de 4 années superbes, pas seulement au niveau footballistique mais aussi sur le plan humain. Ce fut une superbe expérience pour moi et ma femme. J´ai eu le plaisir d´y retourner l´an dernier et j´ai toujours des très bon amis là bas.

Quel a été ton meilleur moment sur le terrain avec l´ASM ?

 

 

 Sans hésitation ce fut le titre de champion qui restera pour toujours dans ma mémoire car c´était ma première année en europe. J´ai eu la possibilité de jouer dans une équipe de haut niveau, tout fut vraiment parfait cette année là. Sur l´ensemble des 3 ans, footballistiquement, cela a été positif.

Puis cela a été le retour à River Plate en 2003…

Après trois saisons à l’ASM, j´ai senti qu´un cycle était fini, que j´avais besoin de retrouver mon pays et, pour une question d´affectif, mon club de River où j´ai débuté et où tout le monde m´aime. Ce sont des sentiments qui n´ont pas de prix. On ne sait pas ce qui peut se passer demain alors il faut en profiter et aller là où l´on prend le maximum de plaisir. Mais cela ne me dérangerait pas du tout de revenir en France un jour, un pays qui m´a permis de progresser et d´apprendre beaucoup de choses à tous les niveaux. Au moins pour revoir les amis !

Il semble que le relationnel soit très important pour toi. Es-tu parti de Monaco à l’époque à cause de problèmes avec l´entraîneur d´alors, Didier Deschamps ?

Non pas du tout, je ne garde aucune rancœur vis à vis de personne. Je pense que c´était un choix pour le bien de l´équipe, même si je l´ai vécu comme une déroute car j´avais encore un an de contrat. J´avais alors la possibilité d´aller à Marseille quand les dirigeants sont venu me parler de leur intérêt mais quand l´opportunité de retourner à River s´est présenté j´ai tout fait pour revenir ici.

Parlant de Marseille, tu ne dois pas en garder un bon souvenir, c´est le problème de la bagarre dans le tunnel du Vélodrome qui empêcha ton transfert vers le club Phocéen ? Non, Monaco s´opposa à mon transfert. Mais c´est vrai que ce qui se passa ce jour là dans le tunnel est le pire moment de ma carrière. Quelque chose que je ne souhaite à personne de vivre dans sa vie.

Tu es donc revenu à River avec qui tu a gagné huit titres. Raconte nous un peu ce que cela fait de jouer pour La Banda Roja ?

Je suis "né"au club, c´était un rêve car c´est un grand d´Amérique du Sud et qui m´a donné la possibilité de jouer au premier plan et d´intégrer la sélection argentine. Jouer ici est quelque chose qui ne peut pas s´expliquer, le football argentin se vit avec une passion énorme à tous les niveaux. Il est impossible d´expliquer ce que c´est à une personne étrangère. Il faut venir ici pour voir comment c´est impressionnant.

                © Nicolas Deltort 

Toi aussi tu le vis avec la même passion que les gens dans les tribunes et cela se voit quand tu marques un but...

Oui, que je marque sur penalty ou du cul je célèbre avec mon âme, je donne tout car marquer est ce qu´il y a de plus beau. Il faut apprécier l´importance des buts.

Et marquer dans un Superclasico élève un joueur au rang d´idole pour la vie non ? Totalement. Tu sais, ces matchs Boca-River sont plus qu´un simple match de foot. Les deux clubs te donnent la possibilité de vivre des sensations uniques. Il y a une telle rivalité entre les supporters. Ceux-ci s´en régalent d´ailleurs. C´est un match qui se vit toute l´année et avec beaucoup d´intensité, qui devient énorme de la part des médias à partir d’une semaine avant le match et jusqu’à une semaine après aussi. Je suis reconnaissant et orgueilleux de pouvoir évoluer dans un tel cadre.

Le dernier Superclásico tu l’as même joué blessé, non ?!

Oui et cela a été difficile, mais je voulais jouer coûte que coûte car on ne peut pas manquer ce match là. Peu importe si j´ai aggravé ma blessure et d'avoir été blessé pour les deux prochains matches.

La passion autour de ces supers derbies est souvent démesurée voire à la limite de la violence, non ?

Oui c´est trop, tu ne peux pas imaginer. Chaque fois que l’on va à la Boca, notre bus est pris à parti et c´est la routine de se cacher sous nos sièges pour éviter les débris de glasses et les pierres qui volent...

Pour finir, pourquoi te surnomme t´on  El Muñeco, c’est à dire le poupon ?

Quand j´ai intégré l´équipe professionnelle de River à l´age de 15 ans j´étais petit et j´avais le visage d´une poupée alors on m´a surnommé ainsi. Et en Argentine quand on te donne un surnom, il te suit toute la vie!

Nicolas Deltort (ActuFoot06, N°200 – 31/03/2006)

Par Deltort Nicolas - Publié dans : deportes34
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Mardi 10 octobre 2006

« Lyon : c’est le St-Etienne de l’époque »

                © Nicolas Deltort 

Légendaire libéro de la grande équipe des Verts des années 70, l’argentin fait actuellement parti du club, à la détection. A quelques jours du derby Lyon-St Etienne, « Le Taureau » revient sur cette rivalité, ses fonctions à l’ASSE et son parcours de footballeur tout en nous éclairant sur le football gaucho.

Osvaldo, dans quel club argentin as-tu commencé ta carrière de joueur ?

A Lanús, un petit club du sud de l'agglomération de Buenos Aires. Ma famille habite là bas donc ils sont tous supporters du club, comme moi d’ailleurs, car le quartier où l’on naît, cela joue beaucoup. Ce club a grandit en même temps que le quartier. Le stade, avant, c’était des tribunes en bois. Maintenant c’est un Polideportivo (omnisport) comme tous les clubs en Argentine. Il a grandi avec la vente de joueurs, pas des recettes guichet. Avec l’argent d’un transfert, ils ont fait une tribune, puis une autre, puis un toit, un terrain annexe etc. Ca marche comme ça.

Comment c'est réalisé ton transfert en Europe?

Après quatre ans en équipe 1e de Lanús, j’ai intégré l’équipe nationale. Alors Pierre Garonaire m’a détecté pour l’ASSE et mon transfert s’est fait très vite. Je suis arrivé ici en Juillet 72 avec beaucoup d’illusion et d’envie. Et surtout je venais pour découvrir le foot français et St Etienne qui n’était pas très connu chez nous à l’époque. On connaissait un peu Reims. C’était pour moi fantastique car St Etienne progressait et avait de bons résultats. La 1e année j’ai eu beaucoup de difficultés à m’adapter, cela ne s’est pas très bien passé au début mais après on connaît la suite. On était un groupe de garçons très solidaires, de haut niveau. On laissait tout sur le terrain et on s’est beaucoup investi pour ce maillot.

Ton arrivée au club coïncide avec le début de l’épopée des verts…

 

 

 

Oui, en 72, un entraîneur nouveau arrivait, 2 étrangers aussi, Curkovic et moi, tandis que 90% des joueurs venait du centre de formation alors qu’il en y avait quelques uns avec un peu plus d’expérience comme Jean Michel  Larqué et Georges Berretta. C’était le début de l’aventure qui amènera jusqu’à la finale de coupe d’Europe en 76. Nous avons été très populaire car je crois que les gens se sont identifiés avec nous. Non seulement le public d’ici, mais aussi toute la France.

Il reste comme souvenir impérissable, ta chevauchée fantastique contre le Dynamo de Kiev en ¼ de finale de la Coupe d’Europe et qui amena le 3e but de la qualification…

Oui…C’était Christian Lopez qui récupéra le ballon et me le donna dans notre surface. A la fin Hervé Revelli marque, on l’a vu tellement de fois. Tout a commencé à partir de là. Cela faisait encore plus plaisir car le Dynamo était une des plus grosses équipes d’Europe, et après les avoir éliminé, on se sentait vraiment très costauds.

Quelle fonction occupes-tu désormais au sein du club ?

Je m’occupe de la détection de joueurs en Amérique du Sud. Nous avons passé un partenariat avec un club de Córdoba de D2 argentine. C’est pour ça que je me rends souvent en argentine mais aussi au Brésil ou en Uruguay.

Quel est ton agenda pour les mois à venir ?

Je vais passer 2-3 mois en argentine pour surveiller et récupérer des jeunes joueurs car il faut qu’ils finissent leur formation ici pour éventuellement évoluer en équipe 1e d’ici 2-3 ans. Car St Etienne, c’est une ville spéciale, qui aime le foot, il y a un public qui demande beaucoup et beaucoup de caractère et de bonne mentalité de la part des joueurs. Il faut donc faire passer ces jeunes par ici et que de leur côté ils apportent ce caractère et leur style de jeu que l’on ne trouve pas en France. Nous avons déjà des joueurs repérés bien sûr.

Comment expliques-tu la réussite de la plupart des argentins qui viennent jouer en Europe ?

Beaucoup de joueurs viennent d’un milieu pauvre, rare sont ceux des grandes familles, alors quand le joueur est payé pour jouer, il joue ! Il a faim et il a cette envie de se battre. Tu sais qu’il y a des bidonvilles, pas assez de boulot, les gens habitent dans des conditions très difficiles. Et certains joueurs sortent de là ! De là ! C’est pour cela qu’ils sont vraiment costaud, parce qu’ils sont préparés à tous les efforts, à tous les malheurs de la terre. Parfois c’est aussi pour cela qu’ils sont cassés et qu’ils ne peuvent pas percer. Il ne suffit pas d’avoir la technicité, mais il faut avoir la force mentale pour passer des caps qui sont très difficiles. Ce n’est pas donné à tout le monde. On peut être très fort, mais cela sera le frère qui réussira car il a plus de « garra ». C’est un ensemble de choses.

Comment te sens-tu depuis tout ce temps à St Etienne ?

C’est ma 2e maison. J’ai beaucoup d’amis qui n’arrêtent pas de m’inviter. C’est attachant, d’un côté comme de l’autre. Je suis argentin, mais je suis bien ici en France et à St Etienne en particulier.

A quelques jours du derby, parle nous un peu de la rivalité avec Lyon…

De notre temps, le derby n’était pas si important. Mais dans tous les cas cela a toujours été la rivalité et il fallait jouer le derby à fond, peu importe le classement. Lyon, c’est actuellement le St Etienne de l’époque. Aujourd’hui il ne faut pas nier leur succès et nous devons les respecter mais c’est un peu grâce à St Etienne si ils se sont développés comme ils l’ont fait.

N’aimerais-tu pas rejouer ce genre de match ?

Je ne sais pas si cela me ferait plaisir…. Mais pour l’environnement, oui. Le public c’est quelque chose qui touche, avec ses drapeaux, ses chants, c’est organisé et il y a de la passion ! Sans passion, on ne peut pas jouer. Dans les tribunes ils sont passionnés comme nous joueurs l’étions et comme ceux d’aujourd’hui le sont. Mais quand la carrière est finie, c’est fini. On ne vit pas cela avec la même ferveur. On commence une carrière d’entraîneur ou de dirigeant, alors on doit être plus calme, plus réfléchi. De toute façon, je ne pourrais pas jouer maintenant, car ça joue à un autre rythme. Il ne faut pas croire que nous étions des extraterrestres à l’époque. Le foot a évolué et en mieux je pense.

Tu parles de passion, en Argentine c’est quelque chose, non ?

Dans la rue ou n’importe quel quartier, tu vois des garçons jouer, même sur le ciment où avant, sur la terre. On voit cette passion dans les tribunes, parfois trop quand cela va trop loin. On peut voir cette passion en Amérique du Sud, en Argentine, au Brésil etc. c’est pareil, ceux sont des gens qui aiment vraiment le foot, qui le sentent.

Malgré les problèmes dans le pays, la ferveur pour le football subsiste…

Tu as l’avantage d’avoir vécu cela de l’intérieur. Car ce n’est pas en tant que touriste que tu peux t’en rendre compte. Et cette passion tu parles, tu la trouve de partout ; Quelques fois elle est à la limite. Sortir du stade peut devenir très difficile, on doit courir à l’envers et pas en même temps que les supporters et cette passion amène parfois à des bagarres générales. En 2004, Vélez perd le titre pour un point après un match nul à la maison contre Arsenal. C’était déjà beau d’avoir fait une telle saison avec 100% des joueurs formés au club. Mais pour un point ils n’ont pas pu sortir du stade. Ca ne réfléchit pas, mais c’est aussi ça l’Argentine. Il ne faut pas justifier les débordements, mais essayer de les comprendre.

Tu as toi-même été joueur à Vélez ?

Oui en 79 je suis arrivé au club pour lequel j’ai joué 2 ans et ½ en passant de la Copa Libertadores et à la 2e division. Plus tard j’ai pris la succession de Carlos Bianchi en tant qu’entraîneur quand il partit pour la Roma. Et on a continué à gagner quelques petites choses (ironique) comme la Recopa et l’Intercontinentale. Vélez est mon 2e club, il m’a beaucoup apporté comme joueur et comme entraîneur.

Vélez est il devenu le 6e grand club argentin depuis ses succès depuis les années 90 ?

Je ne sais pas si l’on peut le comparer aux institutions que sont Boca, River, Independiente, Racing ou San Lorenzo…et surtout en terme de popularité à travers le pays. Mais sportivement, il est parmi les meilleurs ça c’est sûr. Cela a toujours été un club sage, un des 1e omnisport en argentine. Il a commencé sans de grandes ambitions mais il y est arrivée grâce au Mundial 78 et la remodélisation du stade puis avec un très bon centre de formation et grâce à un grand entraîneur : Carlos Bianchi. A partir de là, avec les gens du club et beaucoup d’efforts, les résultats sont venus. Le club a été champion, puis encore champion, puis a gagné la Copa Libertadores, l’intercontinentale. En très peu de temps c’est devenu une grande équipe et elle a rivalisé avec River comme l’équipe des années 90. Les supporters ont été habitués à manger du foie gras, ils sont gourmant et c’est pour cela que les incidents de 2004 sont arrivés.

Quelle est l’importance de la sélection pour les supporters argentins ?

Une tribune est pour River, l’autre pour Boca, les deux plus grands d’Argentine. Les autres, ils se mélangent ailleurs. Dans tous les cas, ces supporters ne sont jamais d’accord, mais avec l’équipe nationale oui ! C’est la priorité numéro 1. Ce maillot c’est vraiment quelque chose qui te fait sentir fort comme l'a souvent dit Crespo.

Tu as joué pour ton pays mais certainement pas autant que tu aurais pu l’espérer, non ?

C’est vrai, et surtout je n’ai pas pu aller au Mundial 78 pour des raisons familiales. Ce fut difficile car c’était le seul mundial auquel j’aurais pu participera. A 32 ans c’était là ou jamais. Menotti m’avait appelé et j’étais très enthousiasmé car j’avais déjà joué 15 matchs en sélection et c’était le mundial dans mon pays. Je suis convaincu qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie. On a failli perde les enfants et je n’ai pas pu jouer ce mondial mais j’étais content de récupérer plus tard les enfants.

Comment as-tu vécu la victoire argentine dans le contexte de la dictature ?

C’est certain que ce mondial a servi à cacher des choses. Les joueurs étaient conscients qu’il y avait quelque chose qui se passait mais sans vraiment savoir. Des fois les joueurs de la sélection, évoluant en Argentine, me demandaient si j’en savais plus du fait que je jouais en Europe. Ici on discutait avec les chiliens, ou uruguayens, de la dictature dans nos trois pays. A la fin, les argentins ont fêté le titre en 78 et ils te diront qu’ils n’étaient pas vraiment au courant.

Maradona ?

On ne se rappelle pas tellement de Maradona avec le maillot de Boca, mais avec celui de l’Argentine ! Même le maillot de son jubilé était aux couleurs de la sélection. Nous aussi quand on pense à notre idole numéro 1, notre dieu, on le voit avec le maillot argentin. Dès qu’il arrive au stade, tout le monde se lève. C’est le dieu. Et même si quelques fois il s’est retrouvé en difficulté à cause de sa passion, il reste le dieu, pour tout ce qu’il a fait. Ce n’est pas tout le monde qui dit quelque chose et qui fait ce qu’il dit. Il a eu des mots avec Havelange et même avec le Pape. Parfois il faut avoir cette sincérité. C’est un mythe que l’on ne peut pas toucher.

Pourrait-il un jour diriger la sélection argentine ?

Si il est un jour sur le banc, il apportera déjà par sa seule présence et par son nom. Si nous, on ne le regarde pas, les adversaires eux vont le regarder (rires) !

Nicolas Deltort

Par Deltort Nicolas - Publié dans : deportes34
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Lundi 9 octobre 2006

Lattes le trouble fête ?

Pour l’instant le championnat de DHE n’est pas à deux vitesses entre les grosses écuries et les plus petits budgets, comme on pouvait s’y attendre en début de saison. C’est au contraire une poule régionale plutôt homogène. Les favoris ne sont pas tous classés où ils devraient et chaque week-end réserve  son lot de surprise car tout le monde vend chèrement sa peau. Les Gardois de Uzès sont les seuls parmi les gros bras effectuant un sans faute avec 4 victoires. Des autres prétendant à la montée, que ce soit la Pointe, Narbonne ou Bagnols, tous ont lâchés des points à plusieurs reprises. C’est Lattes qui en profite avec trois  victoires les propulsant au rang de dauphin au classement. « Une bien belle équipe lattoise » pour Laurent Scala, l’entraîneur du FC Sète qui est le seul à s’être défait des joueurs de Yohann Febrer. Celui-ci accueille le bon début de championnat avec satisfaction mais à l’horizon se profile trois gros matches qui devraient en dire plus sur l’étonnant potentiel entrevu chez les Lattois.

                                                   Renaud Bataille, milieu et capitaine de l’AS Lattes

 Les autres équipes Héraultaises alternent le bon et le moins bon tandis que Cheminots et Petit Bard sont en réelle difficulté en bas de classement. A leur décharge, les joueurs Biterrois ont eu un calendrier on ne peut plus difficile lors de ces quatre journées initiales. Le Petit Bard, quant à lui, a toujours ses atouts offensifs. Mais la nervosité de ses joueurs et une arrière garde à la peine, n’offre pas  à l’entraîneur, Saïd Bensaïd, les arguments nécessaires pour être compétitif. Le match de dimanche face aux Cheminots s’annonce déjà capital.

Fabrègues monte en puissance

En Poule A de DHR, les équipes ne comptant pas toute le même nombre de match à cause des reports du aux intempéries, il est difficile de dresser un 1e bilan. Il apparaît cependant que Fabrègues luttera bien pour la montée avec les autres favoris Gardois. En véritable démonstration face à Castelnau Le Crès lors de la dernière journée (6-2), les joueurs de Jean-Luc Muzet montent en puissance et font étalage d’un joli collectif et d’individualités efficaces. Après sa défaite initiale chez Fabrègues, Frontignan s’est rassuré en gagnant au Vigan. Tout comme Saint Brès-Valergue qui a démontré son réel potentiel face à Rochefort Sinargue (4-0). Après deux défaites inaugurales, le retour de nombreux titulaires en puissance, jusqu’alors sur le flan, a ravivé l’équipe de Pierre Brun. En fond de classement, Grabels semble présenter des symptômes identiques à ceux de fin d’année dernière, se désorganisant dès qu’ils sont menés au score. Avec déjà deux défaites,  leur saison s’annonce difficile mais pas autant que celle des très jeunes pousses de Castelnau Le Crès pour qui l’apprentissage des luttes de DHR semble encore bien difficile.

Impressionnante Clermontaise

La poule B, a vu la Clermontaise dégainer neuf fois en deux journées lors de deux journées éclatantes après un nul initial (0-0) face à Pézens. A rajouter aussi au crédit des joueurs de Christophe Archimbaud, ils n’ont pas encaissé le moindre but et se positionnent ainsi en plus sérieux rival de la favorite Port La Nouvelle. Celle-ci justifie son rang en faisant le plein de victoires. Canet qui semble être encore en rodage, notamment défensivement, a subit une défaite surprise à Bompas. Mais les Canétois sont en embuscade derrière le duo de tête, attendant les Clermontais pour un derby, début Novembre, s’annonçant comme le 1e choc de l’année. Sans victoire en bas de classement, Portiragnes-Vias subit les conséquences d’une lourde préparation physique qui portera ses fruits certainement plus tard.

Nicolas Deltort (ActuFoot34 N°14 - Octobre 2006)

Par Deltort Nicolas - Publié dans : deportes34
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Lundi 9 octobre 2006

Eric Gamet :

« Vraiment envie de connaître ma 1e montée »

Après cinq années de CFA avec le RCO Agde, Eric a élu domicile à la Clermontaise trois étages en dessous. Certainement pas une régression pour cet attaquant de 28 ans qui voit là l’occasion de faire parti d’un groupe d’avenir. Il n’a pas tardé a faire parler la poudre : 5 buts en deux matches. Il est désormais l’ennemi public des défenses de DHR.

Eric, comment c’est déroulé ton arrivée à la Clermontaise ?

Une différence de point de vue avec l’entraîneur d’Agde a fait qu’ils m’ont évincé. J’ai alors eu plusieurs propositions. Clermont avait déjà signé deux ex-équipiers agathois, Vincent Texier et Fred Faubes, j’ai su alors que ce club avait de l’ambition. Comme je connaissais un peu l’entraîneur et des anciens d’Agde déjà présents comme Julien Sanchez, tout cela m’a décidé.

Ne vois tu pas cela comme une régression ?

Pas du tout, il y a un super groupe ici qui a largement le niveau pour avoir l’ambition à moyen terme de viser 1-2 échelons au dessus. Au niveau installations on n’est pas mal loti, et il y a beaucoup plus de dirigeants qu’à Agde par exemple. Ils sont volontaires, très à l’écoute et tous ont un rôle à jouer. L’esprit est plus famille, ce qui est agréable. De plus j’ai prouvé que j’ai pu jouer à un bon niveau et désormais j’ai vraiment envie de connaître une montée !

Pour l’instant l’entraîneur Christophe Archimbaud semble sur la bonne voie…

Il a amené beaucoup de rigueur à l’entraînement et en trois matches on se trouve déjà bien. Je suis aussi agréablement surpris de mes débuts. J’ai tellement de bons joueurs autour. On joue à deux devant avec Régis Deflandre qui joue plus dans la profondeur. Moi j’aime bien décrocher au milieu pour organiser et me jeter vers l’avant. On est bien complémentaire.

Avec le derby à Canet se rapprochant, les comptez vous dans vos rivaux cette saison ?

Nous sommes bien parti comme Port La Nouvelle qui veut clairement remonter de suite. Canet va être présent aussi. Cela va être un gros derby le 5 novembre chez eux. Mais c’est quelque chose qui ne me fait pas peur car à Agde face à Beaucaire, Sète ou même Montpellier c’était très chaud également. Défensivement on est solide et on sait que devant, quelque soit le match, on arrivera à marquer. A Canet on verra ce que l’on a dans le ventre et si l’on est apte à monter.

NicolasDeltort (ActuFoot34 N°14 - Octobre 2006)

 

Par Deltort Nicolas - Publié dans : deportes34
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Lundi 9 octobre 2006

La Pointe atteindra t’elle la cible ?

 

 

Il était intéressant à l’intersaison de voir comment le club Maritime allait rebondir après les déceptions administratives du dernier exercice qui empêchèrent le club de monter en CFA2. La Pointe Courte l’aurait amplement  mérité sur le terrain au terme d’une superbe saison, mais ils durent se résigner à une 7e année consécutive en DHE. Cela aurait pu être la chute en avant pour le club comme l’avoua son président Laurent Besson. Il fut certainement le plus marqué par leur non accession. Mais lui et ses joueurs semblent avoir tourné la page et être repartis le couteau entre les dents en bon Pointus qu’ils sont.

Nous ne reparlerons pas des aléas qui privèrent les Pointus de dessert en fin de saison dernière. Car même si le club eu dans un premier temps du mal à digérer la boulette administrative, les joueurs se sont remis à table avec grand appétit pour cette nouvelle saison. Le président Besson avoue qu’il y a bien eu une période de flottement à l’intersaison. Mais la majorité des joueurs a vite décidé de rester au club tenant ainsi un engagement moral et démontrant une envie intacte de se donner pour un club pas comme les autres.  Et il faudra être un club à part pour se sortir d’une DH très forte cette année, difficile à négocier pour tout club ayant de l’ambition. « Cela va être très dur et très long. Il faut voir le recrutement d’équipes comme Narbonne, Bagnols ou Uzès ! C’est de grande qualité et digne de CFA2 voire CFA. Monter n’est pas forcément notre objectif 1e, nous voulons d’abord reprendre du plaisir à être ensemble, travailler et normalement nous ferons partis des prétendants. A nous de faire parler notre expérience et notre qualité » déclare un Laurent Besson visiblement encore marqué par le dernier exercice et prudent face à la valeur supposée de ses opposants. Mais la Pointe a aussi de sacrés arguments à faire valoir. D’abord un effectif impressionnant de 22 joueurs tous interchangeables, et qui a très peu changé : trois départs pour quatre arrivées dont la dernière en date et non des moindres, celle de Dominique Aulanier. Certainement un des meilleurs coup du mercato. Le chouchou du public Sétois en provenance du FC a donc opté pour le choix du cœur à défaut d’un contrat professionnel intéressant et pour une équipe dirigée par son ami d’enfance et nouvel entraîneur Pointu, Pierre Haon.   Un nouveau tandem à la baguette

 

Celui-ci était en charge d’une catégorie 18 ans qu’il avait bien recadré au sein du club. Y étant apprécié et de part son passé footballistique, il paraissait légitime que le poste lui soit proposé pour succéder à  Fred Remola. Officiant en tandem avec Eric Miramond, Pierre Haon ne veut pas se voiler la face : « Nos ambitions sont affichées : on veut faire parti du haut du tableau ! ». Le coach Maritime et son adjoint étant des personnes neuves au sein du groupe, ils l’ont certainement aidé à tourner la page douloureuse du dernier championnat. Ceci grâce à un nouveau discours et une nouvelle méthode. « Nous voulons avancer et personnellement j’essaye de baser mon travail sur le dialogue et la confiance tout en instaurant une plus grande rigueur. Il ne faut pas vivre avec le passé mais se servir des erreurs du dernier championnat » ajoute un coach résolument tourné vers l’avenir. Après quatre journées, il parait content de son collectif et de son début de championnat. Les Pointus sont certes invaincus mais aussi victorieux à une seule reprise. Il est vrai que leur calendrier n’était pas forcément facile. Cyrill Crama, l’entraîneur des Cheminots, dernier club en date à avoir affronté les Pointus (4-4) après quelques autres favoris de la poule, semble bien placé pour dresser un 1e état des lieux concernant les forces en présence. Il se confie : « Avec Uzès, La Pointe a produit le meilleur jeu des quatre équipes que nous avons joué. Mais je me pose des questions sur leur défense. Je ne pense pas que Lattes tienne la distance et je penche plutôt pour Narbonne qui m’a fait une grosse impression. Eux c’est du solide !». Beaucoup pensent en effet que les Audois risquent de survoler la compétition, et qu’ils ne peuvent pas se permettre de rater une 2e saison de suite. Alors, le Fun principal rival de La Pointe ? Son entraîneur, Jean Pierre Cortegianni, est plutôt agacé par la question : « Je laisse les pronostics aux autres et à vous les journalistes. C’est trop tôt  de toute façon ». Le choc Pointe Courte-Narbonne de dimanche prochain devrait faire office de 1e révélateur.

Aulanier le chaînon manquant ?

Une chose est sûre cette année, un des atouts Pointu sera encore leur état d’esprit, ce dont le président Laurent Besson est fier : « Le collectif est notre plus grosse force avec l’état d’esprit irréprochable  de joueurs de caractère qui ne lâchent rien pendant 90 minutes et qui sont prêt à laisser les tripes sur le terrain pour leurs partenaires. Comme s’ils étaient plus Pointus que les deux seuls vrais joueurs d’ici. Cela c’est rarement vu ! ». Aulanier n’est ainsi pas venu en sénateur ou dilettante. « C’est un bon professionnel, il rentre sur le terrain pour mouiller le maillot. C’est la culture verte ! » avoue Pierre Haon également produit de l’école stéphanoise. Le néo meneur de jeu Pointu devrait aussi apporter le liant qui fit parfois défaut  l’an derniers aux Héraultais. Et si autour de lui les joueurs se mettent au niveau comme cela arrive parfois dans ce genre de situation, l’équipe devrait être joliment armée pour les joutes régionales. Dominique Aulanier confirme, mais aussi, avertit : « Nous n’avons personne à craindre sauf nous même. Il ne faut prendre aucune équipe à la légère comme les Cheminots dernièrement et se dire que l’on va gagner car il y a Pierre, Paul, Jacques sur le terrain ». C’est peut être là que réside la clé du succès.

Nicolas Deltort (ActuFoot34 N°14 - Octobre 2006)

Par Deltort Nicolas - Publié dans : deportes34
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Lundi 9 octobre 2006

AS FABRÈGUES  3–2 FRONTIGNAN   (10/09/2006)       

            

Il n’y aura pas eu de journée d’observation entre ces deux prétendant à la remontée et le spectacle a été au rendez vous tant au niveau du jeu que des buts. L’entraîneur Sang et Or, Jean-Luc Muzet, cherchait un claqueur de but qui lui fit tant défaut l’an dernier en DH, et il semble l’avoir trouvé en la personne de N’Dieu Gbogou auteur d’un triplet ! De son côté, le technicien Muscatier, Pierre Anselme, promettait à l’intersaison une équipe plus tournée vers l’offensive que la saison dernière. Résultat : son équipe a produit du jeu et a été séduisante par moments. En effet, longtemps maîtres du jeu, les Ventre Bleus ont pourtant laissé échapper une victoire après avoir mené deux fois au score. Les Fabréguois étaient pourtant à la peine dans la construction du jeu en 1e période et concédèrent logiquement l’ouverture du score (0-1, 23e). Le coach Sang et Or se demanda « pourquoi Frontignan s’est emmerdé à faire le jeu alors qu’ils menaient et ensuite réduits à 10 ? ». C’était pourtant tout à l’honneur des joueurs de Pierre Anselme. Profitant d’un moment de flottement des visiteurs suite à l’expulsion aberrante du buteur Frontignanais, Ahullo, Fabrègues égalisa donc dans la foulée par l’opportuniste N’Dieu (1-1, 28e). Mais Frontignan se remit vite à malmener les locaux. En danger sur la majorité des coups de pieds arrêtés, ceux-ci eurent la chance de pouvoir compter sur la transversale et sur un gardien héroïque avant l’intervalle. A la reprise, le jeu se durcit mais resta toujours correct. Les Muscatiers, même en infériorité numérique, reprirent l’avantage au score par Gorsse concluant un joli mouvement (1-2, 56e). « Cela ce voit qu’ils ont récupéré d’anciens joueurs de CFA » avouera l’entraîneur adverse. Pourtant une erreur défensive frontignanaise, permit à N’Dieu de partir seul au but pour l’égalisation Sang et Or (2-2, 70e). A l’entame du dernier 1/4h des « allez on tient le coup maintenant » se faisaient alors entendre côté visiteurs où beaucoup de joueurs demandaient à sortir, épuisés par la chaleur et leur infériorité numérique. Les locaux enfoncèrent le clou : N’Dieu, encore lancé dans le dos d’une défense en rodage jouant maladroitement le hors-jeu, signa le hat-trick (3-2, 81e). Orgueilleux, les Frontignanais trouvèrent les ressources d’être dangereux en fin de match mais vendangeant une belle occasion d’obtenir un match nul qui aurait été mérité. Jean-Pierre Anselme, s’estime tout de même « rassuré » sur son équipe : « Même si derrière ça ne va pas. On a eu les occasions jusqu’à l’expulsion. Eux rien. C’est annoncé favori de la poule ça?! Alors je vous annonce que nous on va monter! ». Frontignan apparu effectivement supérieur aux locaux en qualité de jeu malgré des zones de jeu manquant de réglage (défense) et peut être de valeur (attaque). A Fabrègues, le coach « ne retiendra que les points gagnés. Nous avons sauvé la face en gagnant mais tout n’a pas été bon ». Il y a une préparation à peaufiner, mais son équipe peut déjà compter sur une colonne vertébrale (Andrieux-Cazorla-Cantier-NDieu) intéressante.

Nicolas Deltort (ActuFoot34 N°14 - Octobre 2006)
Par Deltort Nicolas - Publié dans : deportes34
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Lundi 9 octobre 2006

                © Nicolas Deltort 

Les deux recrues estivales ont prouvé que l’on pouvait compter sur elles pour aider le FC Sète vers ses objectifs de remontée. Ne renonçant jamais sur le front de l’attaque, Bogaczyk a été le joueur en vue du début de saison jusqu’à sa blessure face à Nîmes. Lors de ce derby et sous la houlette d’un Garny exceptionnel, les Sétois ont terrassé les gardois et confirmant dans la foulée face à Toulon puis à Vannes.  Les deux joueurs ont encore peu joué ensemble cette saison. Tout cela est prometteur pour la suite…Entretien croisé.

Fred, Olivier, aviez-vous déjà joué ensemble ou l’un contre l’autre avant de signer à Sète cet été?

FG : On n’a pas du se croiser souvent mais je connaissais son parcours.

OB : Une fois oui, c’est un très mauvais souvenir d’ailleurs ! Avec Caen nous jouions à Niort et j’étais rentré à cinq minutes de la fin avant de me retrouver aux urgences pour 15 points de sutures. Fred avait marqué mais en voulant centrer je pense.

Comment c’est réalisé votre transfert à Sète lors de l’intersaison ?

FG : Je cherchais un club ambitieux et Sète faisait parti de mes contacts les plus proches. J’avais donné ma parole à Christian Sarramagna et c’était la moindre des choses de la respecter malgré les approches tardives de Nîmes et Boulogne

OB : J’étais en fin de contrat et j’avais beaucoup de touches en National ou Ligue 2 mais cela c’est très vite fait avec Sète car j’ai senti une réelle envie de la part du coach me faire venir. C’est aussi plus intéressant d’avoir un challenge intéressant en National que de jouer en L2 sans ambitions. D’autres pensent différemment.

Comment s’est passée votre adaptation à la ville et au club?

FG : Je connais bien la région puisque ma sœur est de Balaruc. De mes années au MHSC, j’ai gardé des amis à Montpellier et Laurent Robert, qui était mon meilleur pote, a sa belle famille à Marseillan. Quant au club, tout c’est très bien passé, les joueurs sétois et les nouveaux se sont vite entendus. On aurait pu se disloquer à cause des débuts difficiles de l’équipe mais c’est un groupe très sein.

OB : On dit toujours que dans le Sud c’est plus dur de s’intégrer, mais que ce soit avec ma petite famille dans notre vie quotidienne à Mèze ou sportivement, j’ai été super bien accueilli par les anciens. Je me sens vraiment épanoui ici.

Quelle est votre opinion sur le début de saison de l’équipe?

FG : Août a été catastrophique. En tant qu’adepte du beau jeu, c’est surtout le contenu qui m’inquiétait. C’est bien d’avoir de la gnaque mais toutes les équipes sont prêtes physiquement. Aujourd’hui on sent que quelque chose se passe, que des automatismes se créent.

OB : Il a été mitigé. Nous avons montré que l’on pouvait faire de bonnes choses et d’autres fois on a manqué de rigueur. L’équipe était pas mal renouvelée alors il a fallu s’habituer à jouer ensemble. Désormais on est sur une bonne dynamique mais le plus dur est de confirmer à chaque match. Le groupe est très sein en effet et cela serait dommage de ne pas réussir

Et ce championnat de National 2006/07 ?

FG : C’est plus dur que l’an dernier. Car des équipes ont été repêchées ou empêchées de monter. Puis Boulogne, Toulon et Nîmes sont toujours là, attendant leur heure. Mais sur ce que j’ai vu ce n’est pas insurmontable.

OB : Je ne juge pas trop. Il y a des écarts entre certaines équipes et celles avec peu de moyen. Mais on s’est quand même fait tourbillonner chez certaines ! Il n’y a pas de vérité dans le football. Seule celle du terrain. A nous d’élever notre niveau et de ne pas faire de cadeau. Nous pouvons recoller avec les équipes de tête qui s’essoufflent, mise à part Boulogne. Mais eux aussi ils auront un trou. Parfois cela va tellement vite en football, regardez Rouen passé de la L2 au CFA en deux ans !

Olivier, vous avez réalisé un très bon début de saison jusqu’à votre blessure et Fred vous êtes sacrément en verve depuis ce match là…

FG : Quand on perd ou que l’on gagne ce n’est pas grâce à Fred Garny. Aujourd’hui on parle de nous mais si chaque week-end cela peut être le tour de quelqu’un de différent je signe de suite ! Si on trouve un fond de jeu, tout le monde va apporter sa pierre à l’édifice.

OB : Le contexte joue énormément. Familialement ou sportivement je ne vois pas de quoi je pourrais me plaindre. On a quand même de supers installations. On est des privilégiés et ce club mérite de remonter c’est clair.

                © Nicolas Deltort 

Le groupe a superbement réagit lors des matches charnières face à Nîmes et Toulon, ce qui vous a maintenu dans la course à la montée…

FG : On n’était pas favori de part notre mauvais départ et le leur, exceptionnel. On perd Olive très vite contre Nîmes et ensuite on prouve que l’on a un collectif tout en confirmant face à Toulon qui était invaincu. Il faut s’accrocher jusqu’au retour des blessés et on devrait avoir une équipe compétitive. C’est surtout être là dans les deux derniers mois qui importe.

OB : On était dos au mur, dans l’obligation de résultats. Vu leur forme on ne s’attendait pas trop à les battre. Mais ces matches entre prétendants sont toujours serrés. Pour monter c’est à l’extérieur qu’il faut aller chercher des points et qu’il faut aussi être constant et efficace.

D’où vient cette nette amélioration constatée depuis la victoire dans le derby ?

FG : Je pense que c’est un tout. Le coach a essayé des tactiques jusqu’à ce qu’il trouve la solution. La formule actuelle avec une défense à quatre semble nous convenir plus. Un équilibre s’est fait entre les lignes, il y a beaucoup moins d’espace.

OB : C’est vrai que la relation entre les lignes se fait de mieux en mieux. On doit travailler pour qu’elle soit encore plus fluide. On est bien dans la formule actuelle qui est efficace. Mais une saison est jalonnée de surprises, alors je pense qu’il va falloir que l’on soit capable de s’adapter à plus d’un schéma tactique tout en étant aussi performant.

L’ambiance doit être encore meilleure après la 1e victoire à l’extérieur ?

FG : Tout arrive à point. On cherchait vraiment cette victoire à Vannes pour être dans la continuité de nos bons résultats à domicile. On peut donc travailler nos points faibles dans une ambiance plus sereine bien sûr car les sensibilités sont moindres.

OB : Avant ces matches et surtout Nîmes on sentait la tension. Désormais on travaille avec plus de calme en effet. On reparle aussi des matches avec de la joie. Même si à la base il y a une bonne ambiance, tout ça est appréciable.

Comment expliquez vous que vous n’arriviez pas à gagner à l’extérieur jusqu’alors? FG : Comme je viens de dire, c’est peut être le système qui ne nous convenait pas. L’équipe est capable de faire le jeu à domicile comme à l’extérieur. Du moment qu’on est le FC Sète et qu’on veut jouer la montée, on ne doit pas s’adapter à l’adversaire. Il faut rester sur des bases de jeu même si parfois dans la saison on subit des revers. C’est mon point de vue.

OB : On arrive toujours à marquer. A Yseure où Laval on revient à 1-1 puis, persuadés de prendre les trois points, on continue à jouer mais on se fait avoir en contre. Il faut mieux gérer et à la limite, jouer de la même façon qu’à domicile.

Quels sont les points que le groupe peut toujours améliorer ?

FG : Si on doit mettre le doigt sur quelque chose, c’est sur nos entames de match. Face à Nîmes, Toulon ou à Vannes, on est en difficulté. Notre point fort c’est que l’on réagit, mais cela serait mieux de ne pas avoir à le faire. Aussi, on peut tuer les matches en négociant mieux des opportunités à notre porté. Il faut donc apprendre à gérer nos temps forts et nos temps faibles sur le terrain.

OB : Jusqu’à présent sur les buts encaissés, nos erreurs étaient collectives. Ce n’est pas la peine de revenir dessus. On en refera et il faut en tirer les conséquences et en faire de moins en moins. Gérer nos temps fort et faibles effectivement devrait nous y aider.

Un mot sur le bouillonnant président Emile Anfonso ?

FG : Je le trouve loin d’être aussi bouillonnant que ce qu’on l’annonce de l’extérieur. Si être passionné c’est être bouillonnant, alors oui il est l’est beaucoup ! J’ai l’ai trouvé très patient et à l’écoute du groupe quand cela n’allait pas.

OB : C’est vrai qu’il existe une relation passionnelle entre lui, le club et ses joueurs. Quand il s’engage à faire quelque chose, il s’investit à fond. Il a la qualité de dire les choses en face, donc parfois il peut y avoir des étincelles mais on ne peut pas le lui reprocher.

Suivez-vous les résultats de vos anciens clubs ?

FG : Bien sûr. Et je suis resté très proche avec Angel Marcos qui était mon entraîneur à Niort. Lui et J.M. Furlan m’ont beaucoup appris sur le jeu. C’est une chance de tomber sur des gens comme ça. J’ai toujours un très bon contact avec Mezy et Nicollin. Loulou m’a demandé mon maillot à la fin du match contre Nîmes, c’est un honneur. Il a dit qu’il le mettrait entre celui de Zizou et de Platoche ! (Éclats de rire). Je rigole.

OB : Toujours. Je suis très content du parcours en L1 de Valencienne, le club de ma région. L’an dernier le groupe était mentalement très fort, ce qui a fait la différence pour la montée. J’espère que Caen va suivre le même chemin. Quant à Brest, connaissant bien le président, cela me fait du mal de les voir là où ils sont.

Pour finir quel est votre meilleur souvenir dans le foot ?

FG : J’en ai pas mal mais je dirais la montée en Ligue 1 avec Troyes il y a deux ans. C’était un jour de fête dans le stade et on jouait notre dernier match à domicile contre Montpellier. Donc c’était aussi un clin d’œil.

OB : Je ne suis pas trop souvenirs et je suis content de continuer à jouer et de profiter au jour le jour de mon métier. Mais le but en D1 contre Montpellier en 99, c’était un rêve de gosse de marquer à Boellart sous le maillot Lensois ! Sinon  les trois montées successives d’abord avec Brest puis les deux dernières avec Valencienne. Espérons que la série va continuer avec Sète !

Nicolas Deltort (Actufoot34 N°14 - Octobre 2006)

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Lundi 25 septembre 2006

9e Journée National (23 Septembre 2006)

Sète gagne le derby avec brio !

Avant de se déplacer au stade Louis-Michel, les joueurs Nîmois bénéficiaient d'une statistique intéressante : ils n'avaient plus perdu à Sète depuis le 03 mai 1997 lors d’un match qui avait d'ailleurs tourné au vinaigre, comme tant d'autres derbys. Un match Sète-Nîmes n'est jamais un match comme les autres. C’est un derby dans la plus pure tradition footballistique, où chacune des deux équipes ne lâche pas le morceau, jusqu'au coup de sifflet de l'arbitre.

Cette 9e journée se présentait déjà pour Sète comme un match charnière. Avec son statu de relégué de Ligue 2 et ses prétentions de remontée directe, les joueurs de Christian Sarramagna accueillaient le co-leader et voisin Nîmois dans l’obligation de gagner sous peine de voir l’écart avec la tête du classement se creuser dangereusement.

Joué devant une petite chambrée de 2700 spectateurs dont un bon millier de Nîmois qui mettaient l’ambiance, ce match ne tardait pas à s’animer sous les yeux de Nicollin aux côtés de Mezy dans les tribunes. Les Gardois étaient les 1e à se signaler avec quelques incursions franches dans le camp héraultais dans les dix 1e minutes. Mais quand ce n’était pas Hiaumet qui s’interposait sur une frappe de Beyrac (2e) c’était Psaume qui ne cadrait pas sa reprise de volée (10e). Sète subissait tout en contenant les attaquants Crocos et en évoluant en contre. Le capitaine Maritime, Bogazcyk, se blessait à la 17e suite à un choc dans la surface nîmoise le laissant KO. Evacué sur civière, inconscient, Garny lui succéda au pied levé sur le terrain. C’était un match d’hommes, engagé mais joué dans un bon état d’esprit. Seul l’entraîneur Nîmois, Régis Brouard, avait le mauvais goût de provoquer le banc Sétois qui sorti de ses gonds face à la provocation. Toujours malmenée sur le terrain durant cette 1e période, la défense Sétoise veillait cependant au grain et c’étaient les Verts et Blancs qui faillirent même débloquer la situation au score avant le repos par Verschave et Cami. Il était visible que les Héraultais avaient tout de même un bon coup à jouer ce soir.

A la reprise et alors que les esprits s’étaient encore échauffés dans le tunnel entre les staffs des deux équipes, la physionomie du match avait changé. Les Gladiators, supporters Nîmois, continuaient invariablement sur l’air de l’Hymne au Torero, mais c’était Garny qui allait jouer le Chant du Signe pour les visiteurs. Il était un véritable poison, slalomant à plusieurs reprises à travers la défense Gardoise. Comme à l’heure de jeu quand son action était ponctuée d’un tir, mais joliment détournée d’une claquette par le portier Nîmois. C’était une toute autre équipe locale qui menait la danse grâce à un jeu de haut niveau. Tout cela laissait présager l’ouverture du score et celle-ci venait finalement par l’ancien Nîmois, Matthias Verschave. Certainement désireux de se rappeler au bon souvenir de son ancien club, l’attaquant sétois devait aussi avoir été piqué dans son amour propre de ne pas avoir disputé le match de coupe face à St Etienne plus tôt dans la semaine. Car il a fait mal aux Crocos ! D’abord suite à un tir de Ech Chergui superbement repoussé par Dushesne, mais dans les pieds de Garny qui centrait pour Verschave dont la tête ne laissait aucune chance au gardien Nîmois (1-0, 67e). Survolté par son but et emmenant une formation locale alors en pleine confiance, Verschave débordait 10 minutes plus tard sur l’aile gauche.  Il pouvait alors rendre la pareille à Garny sur un centre que le petit meneur de jeu catapultait dans les filets Gardois (2-0, 77e). Les joueurs de Christian Sarramagna avaient ainsi fait la différence avant de tenir pendant le dernier 1/4h, ceci en faisant preuve d’abnégation et de courage. Le gardien Hiaumet était irréprochable dans ses sorties aériennes, donnant ainsi de l’air à sa défense sur plusieurs situations chaude.

Ce fut un véritable duel de prétendants à la montée. Nîmes perd la première manche du derby languedocien, et par la même occasion, la tête du classement. Du côté Sétois, la satisfaction peut être de mise car il était important de gagner ce match charnière pour la suite de la saison. Les Maritimes tiennent certainement leur match référence qu’il faudra confirmer dès le week-end prochain chez un autre gros, Toulon. Le groupe Héraultais commence à prendre forme. Avec seize nouveaux joueurs, il est toujours difficile de former une équipe mais, après dix journées, Christian Sarramagna semble y être parvenu.

Nicolas Deltort

 

 

 

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Dimanche 24 septembre 2006

3e Journée DHE (23 Septembre 2006)

Les Pointus faciles vainqueurs du derby Sétois

 Ce choc entre voisins de l’île singulière, voyait des Pointus expérimentés affronter une jeune équipe du FC au stade Georges Bayrou. Si les 1e voulaient glaner leur 1e victoire après deux matches nuls initiaux en ce début de saison, les 2nd  comptaient confirmer leur victoire du week-end dernier face à Lattes après avoir volé en éclats lors de l'ouverture à Mende.

Mais que la tache fut dure pour les jeunes joueurs de Laurent Scala, le coach du FC Sète. Ceux-ci semblaient avoir fermé les vannes en défense le week-end dernier face à Lattes (victoire 1-0), mais ils prirent encore l’eau dans une 1e demi heure catastrophique et qui vit les Pointus mener 3-0. Les joueurs de Pierre Haon, l’entraîneur Pointu, avaient rondement mené leur affaire jouant vite et avec profondeur. Ainsi Abahlil bien lancé à la limite du hors-jeu sur l’aile droite jouait d’altruisme une fois devant le but adverse en offrant au second poteau un but tout fait pour Touchat (1-0, 8e). Alors que le FC Sète avait toujours du mal à construire, La Pointe était emmenée de fort belle manière par leur néo meneur de jeu, Dominique Aulanier, en provenance du…FC Sète à l’intersaison. Le chouchou du public sétois démontrait malgré son age qu’il avait encore de belles qualités à faire valoir et une envie intacte et démontré par son engagement sur le terrain. C’est d’ailleurs sur un tacle offensif de celui-ci et se transformant en ouverture décisive pour le 2nd but des locaux. Lancé dans le trou, Abahlil, ne pouvait pas arriver avant le gardien du FC mais celui-ci passa complètement au travers, manquant son dégagement et offrant à l’attaquant Pointu l’occasion de pousser le ballon dans un but vide (2-0, 13e). Hugo Villegas, 2e gardien de l’effectif du FC Sète et tout juste âgé de 18 ans, semblait peu en confiance puisque quelques instants plus tard il dégageait encore fébrilement des poings un centre Pointu. Fébriles, les visiteurs allaient toucher le fond sur un corner tiré par Aulanier. Le ballon était d’abord mal dégagé au 2nd poteau dans les pieds d’un Pointu qui le remettait dans le paquet pour la tête de Touchat qui signait son doublet (3-0, 28e).  L’affaire paressait entendue, tant le FC Sète ne semblait en mesure de réagir, si ce n’est que par intermittence par les efforts de son attaquant El Hadjaoui. Celui-ci voyait son tir depuis l’entrée de la surface passer de peu à droite des cages de Angelo Hughes (32e). Et ce sont au contraire les Pointus qui faillirent convertir la dernière occasion de cette 1e mi-temps. Sur un coup franc de Aulanier, encore mal dégagé par la défense adverse, le ballon retombait dans les pieds de Touchat dont la reprise était contrée sur la ligne.

Durant l’intervalle, Laurent Scala a bien du sermonner ses troupes car dès la reprises, les Vert et Blanc se montraient bien plus à leur avantage. Ceux sont eux qui avaient la maîtrise du ballon et qui jouaient enfin dans la moitié de terrain des locaux. A la 54e, une belle remise de volée de El Hadjaoui depuis le 2nd poteau, ne pouvait cependant être reprise victorieusement par aucun de ses coéquipiers. Les visiteurs multipliaient les corners et les centres mais toujours de manière imprécise. Ils donnaient à manger au portier Pointu et celui-ci se régalait. Les joueurs de Laurent Scala, bien qu’entreprenant, ne frappaient pas au but et en fin de compte leur bonne période se termina infructueusement. Car une fois que Pierre Haon se démena de geste et de parole sur le bord de touche afin que son équipe joue plus haut sur le terrain, les débats devinrent équilibrés et pauvres en occasion de but. Il faut dire que les fautes de part et d’autre devenaient plus nombreuses et plus rugueuses, ceci ne favorisant pas le développement d’un jeu agréable et soutenu comme plus tôt. Les Pointus semblaient être heureux de gérer leur avance confortable au tableau d’affichage et Pierre Haon décida de faire tourner ses hommes en attaque avec les rentrées de Rega et Meilhac en place de Touchat et Aulanier. Les sétois essayaient bien de réduire le score mais de façon bien trop désordonnées avec les seuls El Hajaoui, toujours très remuant mais s’énervant à cause de son esseulement, et leur meneur de jeu Brosson. C’est d’ailleurs celui-ci qui profitait d’un ballon perdu par les Pointus dans leur moitié de terrain, pour filer vers le but. Malheureusement pour les visiteurs, leur N°10 poussa un peu trop son ballon, ce qui ne lui permit pas d’ajuster correctement son tir afin de battre Angelo Hughes, bien sorti à sa rencontre.

Alors que la pluie redoublait d’intensité en cette fin de match, les Sétois faillirent boire le calice jusqu’à la lie. L’attaquant pointu, Meilhac, profitait d’une mauvaise relance de l’arrière garde Verte et Blanche, pour s’avancer à l’approche de la surface avant de décaler Rega sur la droite qui vit son tir contré par un défenseur se rachetant ainsi de sa bévue. Les joueurs et le staff de la Pointe pouvaient légitimement jubiler au coup de sifflet final. Car leur saison semble désormais lancée et sans aucun doute il faudra encore compter sur eux cette saison pour la montée en CFAII. Quant au FC Sète, leur entraîneur Laurent Scala aura fort à faire pour réussir un exercice qui pourrait être celui de tous les dangers tant son effectif parait jeune et pas encore au niveau de cette DH particulièrement relevée cette année.

Nicolas Deltort

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Samedi 23 septembre 2006

RETOUR SUR UNE INTERVIEW REALISEE EN MARS DERNIER AVEC L'ATTAQUANT MONTPELLIERAIN QUI REDONNE ACTUELLEMENT DES COULEURS AU MHSC :

Victor Hugo Montaño : De Cali à Montpellier…

A travers cet entretien avec le jeune attaquant colombien du MHSC, on découvre un passionné de football qui a la foi en soi et en son club. Victor est conscient que sans le football il ne serait peut être pas sorti des quartiers malfamés de son pays. Désormais il vit un rêve en France et au club où un certain compatriote avait fait vibrer la Butte Paillade…

Victor, peux-tu nous raconter d’où tu viens en Colombie et comment as-tu commencé à jouer au football ?

J’ai toujours vécu à Cali ou j’ai grandi et commencé à jouer dans un quartier très dur, où il y avait beaucoup de violence, de drogue, mais où aussi il y avait beaucoup de jeunes très doués pour le football. Je pense qu’en Colombie comme ailleurs, les meilleurs joueurs sortent de ces quartiers pauvres où pour survivre le meilleur espoir c’est le football. Avec le soutien et l’aide de mes parents, j’ai commencé à l’age de 9 ans en même temps que mon frère aîné. Le foot est une passion pour moi, sans lui je ne pourrais pas vivre et je ne saurais pas quoi faire d’autre.

Ton prénom a t’il quelque chose à voir avec le célèbre écrivain français ?

Tout le monde me le demande mais c’est un choix sans arrière pensé de la part de mes parents. Cela me fait plaisir de porter le nom d’un tel personnage et quand je vais à la poste ou montre ma carte d’identité cela fait parfois rire les gens de voir un colombien s’appeler ainsi.

Peux-tu nous dresser un portrait du football dans ton pays ?

C’est très important, il y a beaucoup de passion. En tant que joueur tu mouilles le maillot car tu sais qu’il y a des gens qui se privent de manger pour venir au stade. Les clubs n’ont pas beaucoup d’argent non plus, mais c’est un championnat très technique dont le niveau de jeu a beaucoup augmenté avec l’éclosion de jeunes, le retour d’anciens internationaux et la présence de beaucoup de brésiliens. Je dirais que ça vaut le détour !

 

 

Tu as commencé aux Millonarios de Bogota. Les matchs sont chauds entre équipes rivales de ton pays, non ?

A Bogota, la rencontre de l’année c’est le clásico contre l’autre équipe locale, Santa Fé. C’est un match à part. On doit tout donner sur le terrain et jouer ‘a muerte’. Ils se fichent que tu perdes toute l’année pour peu que tu gagnes le clásico. La pression des supporters avant le match est énorme, il y a souvent des bagarres entre eux. La violence est le mauvais côté du football colombien, mais bon ils te soutiennent avec une énorme ferveur.

Tu es arrivé très jeune en France, comment cela s’est t’il passé et n’as-tu pas eu du mal à t’adapter ?

J’ai joué le mondial des moins de 20 ans avec la sélection colombienne aux Emirats Arabes il y a 3 ans et Istres décida de me faire venir. Au début cela a été très dur aux entraînements car je ne comprenais rien et je souffrais de ne pas comprendre les blagues de mes partenaires. Des fois j’avais envie d’en pleurer car je ne me sentais vraiment pas chez moi. Puis avec des cours de français je me suis senti mieux, plus heureux et aujourd’hui je suis bien intégré.

Que penses-tu de la France et de Montpellier sur le plan de ta vie personnelle ?

Pour moi c’est un rêve que d’être en Europe et par-dessus tout en France. C’est un pays que je respecte beaucoup et où l’on peut vivre tranquillement. J’ai mon frère ici et il existe une communauté Colombienne au sein de laquelle j’ai connu ma petite amie. On parle beaucoup entre nous et on se fait des bons repas exotiques. De plus à Montpellier le climat est comme à Cali, il ne fait pas trop froid alors je me sens comme chez moi même si cela reste bien sûr très différent de ma Colombie.

Et sur le plan footballistique ?

Ici au MHSC il y a tout, des terrains quand tu en as besoin, une direction technique et un personnel qui t’aident toujours et pour qui j’ai beaucoup d’affection. Ce club possède l’infrastructure et des gens méritant d’avoir une équipe en Ligue 1. Le championnat est très fort et il est d’ailleurs beaucoup suivi en Colombie.

Quand tu es arrivé au club, tu as revendiqué ne pas être un buteur. Pourtant les gens attendent de toi de plus marquer…

C’est vrai. J’aime beaucoup courir, garder le ballon et participer. En France j’ai appris à joueur à 1-2 touches de balle et j’ai aussi compris qu’il fallait que je marque plus car pour un attaquant au final de la saison les gens regardent avant tout combien de fois tu as marqué. Je sais que j’ai les qualités pour marquer plus souvent et je travaille avec ‘el profe’ dans cette optique là. Mais le plus important reste que l’équipe gagne.

Comment juges-tu la saison du club et comment vois tu la fin de ce championnat ?

On a obtenu des bons résultats quand on a réussi à devenir une équipe plus compacte, plus unie et concentrée sur nos objectifs. On est jeune mais on a l’envie et on est convaincu de pouvoir bien faire. Il faut continuer à lutter et à travailler dur comme on le fait actuellement car en football tout est possible. Cela va être dur mais on peut monter en L1.

Quelle est ta situation avec le club et penses tu rester en fin d’année ?

Personnellement je veux rester car c’est un club qui me donne tout et j’ai des supers partenaires. Mais tu sais que cela dépend aussi de mes prestations sur le terrain. Avec l’aide de dieu et de mon travail, j’espère rester.

Il semble que Dieu soit très important pour vous les sud-américains ?

Oui dans ma famille on croit beaucoup en dieu. Avant et après les matchs et les repas,je prie toujours pour le remercier d’être en vie, en bonne santé comme le reste de ma famille, et d’avoir un travail pour m’exprimer. C’est grâce à lui que nous avons suivi le droit chemin.

Carlos Valderrama, pas loin d’être un dieu, est une véritable icône en Colombie, non ?

Oui c’est vraiment la star, le numéro 1 pour les gens. ‘El Pibe de Oro’, comme on le surnomme, a beaucoup donné à la Colombie et il a donné l’exemple aux jeunes de par sa personnalité exemplaire. Le joueur m’a impressionné car il n’a jamais changé son style de jeu si particulier.

Tu dois savoir qu’il a joué ici à Montpellier ?

Oui bien sûr et tout le monde m’en parle. Il a vraiment laissé une bonne image ici et c’est important pour moi d’en faire autant.

La Colombie n’est pas qualifiée pour le prochain Mondial. Vas-tu quand même supporter une équipe et as-tu un favori?

Quand la Colombie ne joue pas je supporte toujours les équipes sud-américaines et surtout le Brésil et l’Argentine dont j’aime beaucoup le jeu. En Europe j’aime bien la France qui a prouvé qu’elle pouvait gagner ce genre de compétition et qui possède des grands joueurs avec beaucoup d’expérience. Alors on verra...

Nicolas Deltort (ActuFoot34 N°7, Mars 2006)

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