Fred, Olivier, aviez-vous déjà joué ensemble ou l’un contre l’autre avant de signer à Sète cet été?
FG : On n’a pas du se croiser souvent mais je connaissais son parcours.
OB : Une fois oui, c’est un très mauvais souvenir d’ailleurs ! Avec Caen nous jouions à Niort et j’étais rentré à cinq minutes de la fin avant de me retrouver aux urgences pour 15 points de sutures. Fred avait marqué mais en voulant centrer je pense.
Comment c’est réalisé votre transfert à Sète lors de l’intersaison ?
FG : Je cherchais un club ambitieux et Sète faisait parti de mes contacts les plus proches. J’avais donné ma parole à Christian Sarramagna et c’était la moindre des choses de la respecter malgré les approches tardives de Nîmes et Boulogne
OB : J’étais en fin de contrat et j’avais beaucoup de touches en National ou Ligue 2 mais cela c’est très vite fait avec Sète car j’ai senti une réelle envie de la part du coach me faire venir. C’est aussi plus intéressant d’avoir un challenge intéressant en National que de jouer en L2 sans ambitions. D’autres pensent différemment.
Comment s’est passée votre adaptation à la ville et au club?
FG : Je connais bien la région puisque ma sœur est de Balaruc. De mes années au MHSC, j’ai gardé des amis à Montpellier et Laurent Robert, qui était mon meilleur pote, a sa belle famille à Marseillan. Quant au club, tout c’est très bien passé, les joueurs sétois et les nouveaux se sont vite entendus. On aurait pu se disloquer à cause des débuts difficiles de l’équipe mais c’est un groupe très sein.
OB : On dit toujours que dans le Sud c’est plus dur de s’intégrer, mais que ce soit avec ma petite famille dans notre vie quotidienne à Mèze ou sportivement, j’ai été super bien accueilli par les anciens. Je me sens vraiment épanoui ici.
Quelle est votre opinion sur le début de saison de l’équipe?
FG : Août a été catastrophique. En tant qu’adepte du beau jeu, c’est surtout le contenu qui m’inquiétait. C’est bien d’avoir de la gnaque mais toutes les équipes sont prêtes physiquement. Aujourd’hui on sent que quelque chose se passe, que des automatismes se créent.
OB : Il a été mitigé. Nous avons montré que l’on pouvait faire de bonnes choses et d’autres fois on a manqué de rigueur. L’équipe était pas mal renouvelée alors il a fallu s’habituer à jouer ensemble. Désormais on est sur une bonne dynamique mais le plus dur est de confirmer à chaque match. Le groupe est très sein en effet et cela serait dommage de ne pas réussir
Et ce championnat de National 2006/07 ?
FG : C’est plus dur que l’an dernier. Car des équipes ont été repêchées ou empêchées de monter. Puis Boulogne, Toulon et Nîmes sont toujours là, attendant leur heure. Mais sur ce que j’ai vu ce n’est pas insurmontable.
OB : Je ne juge pas trop. Il y a des écarts entre certaines équipes et celles avec peu de moyen. Mais on s’est quand même fait tourbillonner chez certaines ! Il n’y a pas de vérité dans le football. Seule celle du terrain. A nous d’élever notre niveau et de ne pas faire de cadeau. Nous pouvons recoller avec les équipes de tête qui s’essoufflent, mise à part Boulogne. Mais eux aussi ils auront un trou. Parfois cela va tellement vite en football, regardez Rouen passé de la L2 au CFA en deux ans !
Olivier, vous avez réalisé un très bon début de saison jusqu’à votre blessure et Fred vous êtes sacrément en verve depuis ce match là…
FG : Quand on perd ou que l’on gagne ce n’est pas grâce à Fred Garny. Aujourd’hui on parle de nous mais si chaque week-end cela peut être le tour de quelqu’un de différent je signe de suite ! Si on trouve un fond de jeu, tout le monde va apporter sa pierre à l’édifice.
OB : Le contexte joue énormément. Familialement ou sportivement je ne vois pas de quoi je pourrais me plaindre. On a quand même de supers installations. On est des privilégiés et ce club mérite de remonter c’est clair.
© Nicolas Deltort
Le groupe a superbement réagit lors des matches charnières face à Nîmes et Toulon, ce qui vous a maintenu dans la course à la montée…
FG : On n’était pas favori de part notre mauvais départ et le leur, exceptionnel. On perd Olive très vite contre Nîmes et ensuite on prouve que l’on a un collectif tout en confirmant face à Toulon qui était invaincu. Il faut s’accrocher jusqu’au retour des blessés et on devrait avoir une équipe compétitive. C’est surtout être là dans les deux derniers mois qui importe.
OB : On était dos au mur, dans l’obligation de résultats. Vu leur forme on ne s’attendait pas trop à les battre. Mais ces matches entre prétendants sont toujours serrés. Pour monter c’est à l’extérieur qu’il faut aller chercher des points et qu’il faut aussi être constant et efficace.
D’où vient cette nette amélioration constatée depuis la victoire dans le derby ?
FG : Je pense que c’est un tout. Le coach a essayé des tactiques jusqu’à ce qu’il trouve la solution. La formule actuelle avec une défense à quatre semble nous convenir plus. Un équilibre s’est fait entre les lignes, il y a beaucoup moins d’espace.
OB : C’est vrai que la relation entre les lignes se fait de mieux en mieux. On doit travailler pour qu’elle soit encore plus fluide. On est bien dans la formule actuelle qui est efficace. Mais une saison est jalonnée de surprises, alors je pense qu’il va falloir que l’on soit capable de s’adapter à plus d’un schéma tactique tout en étant aussi performant.
L’ambiance doit être encore meilleure après la 1e victoire à l’extérieur ?
FG : Tout arrive à point. On cherchait vraiment cette victoire à Vannes pour être dans la continuité de nos bons résultats à domicile. On peut donc travailler nos points faibles dans une ambiance plus sereine bien sûr car les sensibilités sont moindres.
OB : Avant ces matches et surtout Nîmes on sentait la tension. Désormais on travaille avec plus de calme en effet. On reparle aussi des matches avec de la joie. Même si à la base il y a une bonne ambiance, tout ça est appréciable.
Comment expliquez vous que vous n’arriviez pas à gagner à l’extérieur jusqu’alors? FG : Comme je viens de dire, c’est peut être le système qui ne nous convenait pas. L’équipe est capable de faire le jeu à domicile comme à l’extérieur. Du moment qu’on est le FC Sète et qu’on veut jouer la montée, on ne doit pas s’adapter à l’adversaire. Il faut rester sur des bases de jeu même si parfois dans la saison on subit des revers. C’est mon point de vue.
OB : On arrive toujours à marquer. A Yseure où Laval on revient à 1-1 puis, persuadés de prendre les trois points, on continue à jouer mais on se fait avoir en contre. Il faut mieux gérer et à la limite, jouer de la même façon qu’à domicile.
Quels sont les points que le groupe peut toujours améliorer ?
FG : Si on doit mettre le doigt sur quelque chose, c’est sur nos entames de match. Face à Nîmes, Toulon ou à Vannes, on est en difficulté. Notre point fort c’est que l’on réagit, mais cela serait mieux de ne pas avoir à le faire. Aussi, on peut tuer les matches en négociant mieux des opportunités à notre porté. Il faut donc apprendre à gérer nos temps forts et nos temps faibles sur le terrain.
OB : Jusqu’à présent sur les buts encaissés, nos erreurs étaient collectives. Ce n’est pas la peine de revenir dessus. On en refera et il faut en tirer les conséquences et en faire de moins en moins. Gérer nos temps fort et faibles effectivement devrait nous y aider.
Un mot sur le bouillonnant président Emile Anfonso ?
FG : Je le trouve loin d’être aussi bouillonnant que ce qu’on l’annonce de l’extérieur. Si être passionné c’est être bouillonnant, alors oui il est l’est beaucoup ! J’ai l’ai trouvé très patient et à l’écoute du groupe quand cela n’allait pas.
OB : C’est vrai qu’il existe une relation passionnelle entre lui, le club et ses joueurs. Quand il s’engage à faire quelque chose, il s’investit à fond. Il a la qualité de dire les choses en face, donc parfois il peut y avoir des étincelles mais on ne peut pas le lui reprocher.
Suivez-vous les résultats de vos anciens clubs ?
FG : Bien sûr. Et je suis resté très proche avec Angel Marcos qui était mon entraîneur à Niort. Lui et J.M. Furlan m’ont beaucoup appris sur le jeu. C’est une chance de tomber sur des gens comme ça. J’ai toujours un très bon contact avec Mezy et Nicollin. Loulou m’a demandé mon maillot à la fin du match contre Nîmes, c’est un honneur. Il a dit qu’il le mettrait entre celui de Zizou et de Platoche ! (Éclats de rire). Je rigole.
OB : Toujours. Je suis très content du parcours en L1 de Valencienne, le club de ma région. L’an dernier le groupe était mentalement très fort, ce qui a fait la différence pour la montée. J’espère que Caen va suivre le même chemin. Quant à Brest, connaissant bien le président, cela me fait du mal de les voir là où ils sont.
Pour finir quel est votre meilleur souvenir dans le foot ?
FG : J’en ai pas mal mais je dirais la montée en Ligue 1 avec Troyes il y a deux ans. C’était un jour de fête dans le stade et on jouait notre dernier match à domicile contre Montpellier. Donc c’était aussi un clin d’œil.
OB : Je ne suis pas trop souvenirs et je suis content de continuer à jouer et de profiter au jour le jour de mon métier. Mais le but en D1 contre Montpellier en 99, c’était un rêve de gosse de marquer à Boellart sous le maillot Lensois ! Sinon les trois montées successives d’abord avec Brest puis les deux dernières avec Valencienne. Espérons que la série va continuer avec Sète !
Nicolas Deltort (Actufoot34 N°14 - Octobre 2006)