La Paillade - OM
COMME AU BON VIEUX TEMPS
(Coupe de la Ligue, 21/09/2006)

Quand j’étais minot, entre 1983 et 1993, nous allions régulièrement à La Mosson avec mon père . Nous habitons à cinq minutes de La Paillade. Les matches contre l’OM ont toujours eu une saveur particulière. Le 1e auquel nous sommes allés fut le 4-1 infligé à Gigi, Passi, Sliskovic, Laurey etc. l’année suivant la montée en D1 du MPSC (1987). Après c’était la grande époque et souvent des 0-0 ou matchs nuls à la Mosson entre les deux équipes. C’était Mozer qui se croit au basket et qui veut faire un dunk dans la surface, penalty et 1-1 au final. C’était Futre qui fait de l’aquaplaning lors d’un match interrompu à cause d’intempéries impressionnantes etc. Plus tard c’est les matches à la radio ou sur internet comme en 1999 quand, de Suède, je fais péter un plomb à tout le monde chez moi car Montpellier dégomme l’OM avant de se faire remonter puis dépasser comme tout le monde se rappelle... D’habitude j’aime bien les matches nuls entre les deux équipes mais pas quand l’OM joue le titre ! Et oui, Pailladin de naissance mais Olympien de cœur. La faute à la Butte Paillade qui organisait des déplacements au « vél » et les OM-PSG qui m’ont fait plonger dans la marmite quand j’étais grand ! Hier soir, c’était la 1e fois depuis très longtemps que nous allions au stade ensemble avec mon père. « J’y vais plus c’est des cons » qu’il me dit toujours. Mais là « C’est pour voir l’OM » quand même. Ça fait plaisir de voir des abords de stade fourmillant de monde et sentir ces bonnes odeurs du passé. D’habitude je me pointe au dernier moment pour le journal car il y’a dégun. Mais là il faut humer tout ça, en profiter. Tellement bien que j’arrive un poil trop tard sur la pelouse pour shooter les Marseillais en reconnaissance. Pas de discussion avec Renato Civelli, le défenseur argentin de l’OM, et franchement je suis un peu dégoûté. Il y a un match dans l’année où il faut que j’arrive bien en avance et je me suis loupé ! Enfin, le fait de voir quelques Fous et Folles de l'Ohaime dans les tribunes fait autant plaisir. XIII, ami de voyage en contrée gaucho, n’est pas loin, casquette de porteño sur la ganache et avec ses indéboulonnables lunettes de soleil. L’ambiance commence à bien monter quand on approche de l’entrée des équipes sur le terrain et alors je me retrouve con, avec un frisson me faisant presque monter la larmette à l’œil. Et oui, depuis que je suis photographe pour un journal de foot local je l’attendais ce match là ! Mais bon, je me mets vite à baliser, pas sûr des meilleurs réglages à choisir sur mon appareil. La faute à un nouvel objectif que je n’ai pas encore dompté. Un « foutographe » expérimenté, m’ayant auparavant conseillé, me regarde en rigolant et voyant bien que je patauge. Un responsable sécurité pelouse me dit de ne pas passer au-delà de la ligne de touche ou même « attention de ne pas marcher dessus ». J’hallucine. C’est pas l’Argentine ici…Ca y est les joueurs arrivent, les capitaines Mendy et Pagis sont morts de rire, c’est un match entre clubs amis après tout. Moi je reste en plein milieu et je me fais encore rappeler à l’ordre. Pas moyen de prendre son pied tranquille, merde alors ! Les fumis sont de sortie et à la Butte on dit « Non au foot Business !! ». Les 1500 Marseillais font du bruit mais les locaux se défendent bien. Il me semble apercevoir un drapeau argentin au milieu d’entre eux et d’ailleurs la butte a un chant depuis quelques temps qui vient certainement de là bas. Décidément c’est la mode…Pas pour me déplaire. Des « Sarkosy enc//% » résonnent et le message « Ultras, sans papiers, 100% exclus » est certainement lié à ces propos. Le « Poooo Popopo popooopo », rythme rendu célèbre par le début de saison marseillais et dans les travées du Vélodrome, et aussi repris par les Montpelliérains. Mais il ne faut pas croire que la reprise de ce chant soit le fruit d’une amitié entre les deux clans de supporters. Les « Marseille enculé » m’énervent car de mon temps à la Butte Paillade…Bon je vous épargne cela. « Béziers, Sète : suceurs ». Et bien on ne peut plus aimer l’OM sans se faire insulter ? ! Sur le terrain c’est viril entre les anciens du cru pailladin, Bamogo et Maoulida, et les joueurs montpelliérains. Ça claque à chaque contact et Bamogo grimace. Mais c’est lui et son acolyte qui mettront vite l’OM en tête au tableau d’affichage. Maoulida, certainement échaudé par une bâche rose « Maouliguay » ne trouve pas meilleure réplique après son but que de courir en pleine gueule de La Butte et embrassant farouchement son blason. Certain Ultras Armata pètent un plomb et arrivent presque à forcer les barrages de sécurité. Sur la touche, Anigo est prêt à bondir ! Pas de problème, Maoulida et les phocéens n’ont même pas peur et c’est le coup de la bandelette : « Bonnet Ouatara Di Nallo Gasset Mezy Nicolin Merci pour tout ». Pas ingrat le buteur envers ses anciens formateurs. Ribery survole le match comme de coutume en ce début de saison et on se dit que l’on va assister à un carton ce soir. C’est sans compter sur le bel état d’esprit Montpelliérain lors de la seconde mi-temps et grâce à Montaño, ce diable de colombien, qui réduit le score. Ça pousse bien ce stade quand tout le monde s’y met dans les tribunes. Sans une double parade de notre ami Carasso, il y aurait certainement eu le feu dans cette enceinte trop orpheline des belles soirées de la fin des années 80, début 90. Dommage pour le spectacle mais tant mieux pour l’OM. Niang, l’attaquant phocéen, rentre alors en jeu. Comme j’ai dit en Août sur le forum des Fous de l’Ohaime, Mamadou il va tout casser cette année. Vous pensez toujours que j’avais craqué quand j’ai dit ça ? Franchement, quand il nous a fait une Ronaldo dès son entrée en heu, mettant un méchant « ventas » à la défense Montpelliéraine, c’était trop beau à voir ! Malheureusement cela n’a pas été ponctué d’un but. Le banc Marseillais était levé et prêt à jubiler, surtout conscient qu’un tel but aurait mis le Niang dans une confiance dévastatrice pour la suite de la saison ! Finalement, comme pour toute bonne chose, l’arbitre donne le coup de sifflet final. Je cours pour « shooter » les joueurs remerciant le public marseillais. Kano, capo South Winners, récupère le maillot de Taoufilou. Habillé de jaune et avec la pancarte de la Coupe de la Ligue derrière lui également jaune, on se croirait à Boca. D’autant plus qu’il est debout sur une rambarde façon barra brava. Quelques au revoirs aux amis marseillais et à XIII puis c’est déjà la fin d’une soirée dont j’avais longtemps rêvé…Trop courte, trop bien.
Nicolas DELTORT
(Editorial pour le site web des Fous Zé des Folles de l'Ohaime (LFZLF) www.ohaime.com