Sète 2-0 Nîmes
9e Journée National (23 Septembre 2006)
Sète gagne le derby avec brio ! Avant de se déplacer au stade Louis-Michel, les joueurs Nîmois bénéficiaient d'une statistique intéressante : ils n'avaient plus perdu à Sète depuis le 03 mai 1997 lors d’un match qui avait d'ailleurs tourné au vinaigre, comme tant d'autres derbys. Un match Sète-Nîmes n'est jamais un match comme les autres. C’est un derby dans la plus pure tradition footballistique, où chacune des deux équipes ne lâche pas le morceau, jusqu'au coup de sifflet de l'arbitre. Cette 9e journée se présentait déjà pour Sète comme un match charnière. Avec son statu de relégué de Ligue 2 et ses prétentions de remontée directe, les joueurs de Christian Sarramagna accueillaient le co-leader et voisin Nîmois dans l’obligation de gagner sous peine de voir l’écart avec la tête du classement se creuser dangereusement. Joué devant une petite chambrée de 2700 spectateurs dont un bon millier de Nîmois qui mettaient l’ambiance, ce match ne tardait pas à s’animer sous les yeux de Nicollin aux côtés de Mezy dans les tribunes. Les Gardois étaient les 1e à se signaler avec quelques incursions franches dans le camp héraultais dans les dix 1e minutes. Mais quand ce n’était pas Hiaumet qui s’interposait sur une frappe de Beyrac (2e) c’était Psaume qui ne cadrait pas sa reprise de volée (10e). Sète subissait tout en contenant les attaquants Crocos et en évoluant en contre. Le capitaine Maritime, Bogazcyk, se blessait à la 17e suite à un choc dans la surface nîmoise le laissant KO. Evacué sur civière, inconscient, Garny lui succéda au pied levé sur le terrain. C’était un match d’hommes, engagé mais joué dans un bon état d’esprit. Seul l’entraîneur Nîmois, Régis Brouard, avait le mauvais goût de provoquer le banc Sétois qui sorti de ses gonds face à la provocation. Toujours malmenée sur le terrain durant cette 1e période, la défense Sétoise veillait cependant au grain et c’étaient les Verts et Blancs qui faillirent même débloquer la situation au score avant le repos par Verschave et Cami. Il était visible que les Héraultais avaient tout de même un bon coup à jouer ce soir. A la reprise et alors que les esprits s’étaient encore échauffés dans le tunnel entre les staffs des deux équipes, la physionomie du match avait changé. Les Gladiators, supporters Nîmois, continuaient invariablement sur l’air de l’Hymne au Torero, mais c’était Garny qui allait jouer le Chant du Signe pour les visiteurs. Il était un véritable poison, slalomant à plusieurs reprises à travers la défense Gardoise. Comme à l’heure de jeu quand son action était ponctuée d’un tir, mais joliment détournée d’une claquette par le portier Nîmois. C’était une toute autre équipe locale qui menait la danse grâce à un jeu de haut niveau. Tout cela laissait présager l’ouverture du score et celle-ci venait finalement par l’ancien Nîmois, Matthias Verschave. Certainement désireux de se rappeler au bon souvenir de son ancien club, l’attaquant sétois devait aussi avoir été piqué dans son amour propre de ne pas avoir disputé le match de coupe face à St Etienne plus tôt dans la semaine. Car il a fait mal aux Crocos ! D’abord suite à un tir de Ech Chergui superbement repoussé par Dushesne, mais dans les pieds de Garny qui centrait pour Verschave dont la tête ne laissait aucune chance au gardien Nîmois (1-0, 67e). Survolté par son but et emmenant une formation locale alors en pleine confiance, Verschave débordait 10 minutes plus tard sur l’aile gauche. Il pouvait alors rendre la pareille à Garny sur un centre que le petit meneur de jeu catapultait dans les filets Gardois (2-0, 77e). Les joueurs de Christian Sarramagna avaient ainsi fait la différence avant de tenir pendant le dernier 1/4h, ceci en faisant preuve d’abnégation et de courage. Le gardien Hiaumet était irréprochable dans ses sorties aériennes, donnant ainsi de l’air à sa défense sur plusieurs situations chaude. Ce fut un véritable duel de prétendants à la montée. Nîmes perd la première manche du derby languedocien, et par la même occasion, la tête du classement. Du côté Sétois, la satisfaction peut être de mise car il était important de gagner ce match charnière pour la suite de la saison. Les Maritimes tiennent certainement leur match référence qu’il faudra confirmer dès le week-end prochain chez un autre gros, Toulon. Le groupe Héraultais commence à prendre forme. Avec seize nouveaux joueurs, il est toujours difficile de former une équipe mais, après dix journées, Christian Sarramagna semble y être parvenu. Nicolas Deltort